Le bénéfice net du géant pétrolier saoudien a baissé de 73, 4% durant le deuxième trimestre 2020, a déclaré hier son PDG. Dans un communiqué Amin Nasser a précisé que le groupe a affiché un bénéfice net d’environ 6, 6 milliards de dollars pour avril-juin 2020, contre 24, 7 milliards de dollars pour la même période en 2019. «Les turbulences liées à la réduction de la demande et à la baisse des prix du pétrole se reflètent sur nos résultats (…) Nous avons néanmoins réalisé des gains solides grâce à nos faibles coûts de production, à notre échelle unique, à notre main-d’oeuvre agile et à notre force financière et opérationnelle inégalée», s’est-il félicité.
Face à la pandémie mondiale du nouveau coronavirus, Covid-19, et à la chute de la demande en pétrole, Saudi Aramco s’en sort bien mieux, en effet, que de nombreux autres géants de l’énergie internationaux, qui accusent des pertes importantes. Dans ce contexte, le groupe envisage de réduire son budget 2021 de 8 à 10% par rapport aux niveaux déjà réduits de cette année, a rapporté le groupe Energy Intelligence en juillet. Il s’attend à ce que les dépenses d’investissement se situent «dans la partie inférieure de la fourchette de 25 à 30 milliards de dollars» cette année. Un chiffre nettement inférieur à ses dépenses de 32,8 milliards de dollars en 2019, selon Energy Intelligence.
«Les réductions ont déjà amené Aramco à retarder ses projets d’expansion de la production de ses champs offshore», a déclaré le centre d’analyse dans un rapport.
«Le programme offshore était un élément essentiel d’une politique visant à augmenter la capacité de production de pétrole de la compagnie», a-t-il ajouté. Le prix du pétrole a atteint en avril et en mai son niveau le plus bas depuis deux décennies, en dessous de 20 dollars le baril, en raison de la baisse de la demande due à la pandémie du nouveau coronavirus. Les prix ont remonté à environ 44 dollars le baril après que plusieurs pays producteurs ont accepté de réduire la production après les efforts importants consentis par l’Opep et ses alliés engagés dans l’Opep+ pour la maîtrise de l’équilibre des marchés.
Scénario
de reprise
de la demande
A la suite de ces réductions, la production saoudienne de pétrole est tombée à seulement 7,5 millions de barils par jour en juin, bien en dessous de sa moyenne de l’année dernière de 10 millions de barils par jour.
Les bénéfices d’Aramco ont également été affectés par les pertes enregistrées par Saudi Basic Industries Co. (Sabic), le géant de la pétrochimie, que le mastodonte pétrolier a acquis pour 69 milliards de dollars dans le cadre d’un accord conclu en 2019 et achevé en juin de cette année. Malgré ce contexte, Aramco distribuera 18,75 milliards de dollars de dividendes pour le deuxième trimestre afin de tenir ses promesses de distribution d’au moins 75 milliards de dollars de dividendes par an pendant cinq ans, selon son PDG. «Bien que la Covid-19 ait paralysé le monde, Aramco a continué de fonctionner», a déclaré M. Nasser.
Le groupe a été coté pour la première fois sur les marchés saoudiens en décembre, dans le cadre de la plus grande entrée en Bourse au monde, générant 29,4 milliards de dollars grâce à la vente de 1,7 % de ses actions. Mais l’Américain Apple lui a ravi la place d’entreprise la mieux valorisée au monde la semaine dernière, après que sa capitalisation a atteint 1 900 milliards de dollars, contre 1 760 milliards de dollars pour Aramco.
Pour ce qui est des perspectives, le PDG du groupe voit la demande augmenter au fur et à mesure que les restrictions sanitaires s’atténuent. «Regardez la Chine, leur demande d’essence et de diesel est presque aux niveaux pré-Covid-19. Nous constatons que l’Asie se redresse et d’autres marchés (aussi)», a-t-il déclaré. «Alors que les pays assouplissent le verrouillage, nous nous attendons à ce que la demande augmente, a-t-il ajouté.<