Les cours du Brut ont très légèrement grimpé, hier, au lendemain d’une réunion des pays de l’Opep+ marquée par un appel au respect des coupes de production pour 2020 et par un silence de prudence sur les actions à entreprendre en 2021, alors que la crise sanitaire perdure.

Les cours du pétrole ont connu hier mardi un très léger frémissement haussier sur les marchés londonien et newyorkais. En début de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 42,64 dollars à Londres, en hausse de 0,05% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril du West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, pour novembre, dont c’était le dernier jour de cotation, grappillait 0,27% à 40,94 dollars.
Face à cette situation de morosité, les pays de l’Opep+ ont décidé lors de leur réunion d’évaluation de lundi de rester sur la feuille de route tracée pour 2020. «Nous devons poursuivre ce long voyage vers le rééquilibrage du marché pétrolier, respecter nos engagements et rester agiles pour s’adapter à l’évolution des marchés mondiaux de l’énergie», a déclaré le ministre algérien de l’Energie, président jusqu’en décembre prochain de la Conférence de l’Opep.
Abdelmadjid Attar a estimé que l’augmentation du nombre des nouveaux cas quotidiens de la Covid-19, avec toutes les mesures restrictives pour limiter la propagation de la maladie et leurs effets négatifs potentiels sur l’économie mondiale, constitue un facteur de «préoccupation» pour le marché. Optimiste en dépit de la forte baisse de la demande mondiale de pétrole en 2020, il s’est appuyé sur le rapport annuel de l’Opep 2020 (WOO) pour rassurer que la demande d’énergie primaire devrait continuer de croître à moyen et long terme, augmentant de 25% jusqu’en 2045.
Une lecture à laquelle le ministre algérien de l’Energie a ajouté son appel à l’investissement comme anticipation essentielle à cette prévision à moyen et long termes de la croissance de la consommation et de la demande pétrolière et au travers de laquelle on comprend pourquoi les membres de l’Opep+ n’ont pas décidé de modifier à court terme leur politique, qui verra l’offre de pétrole augmenter de 1,9 million de barils par jour à partir de 2021». A l’issue de leur point mensuel, les ministres des pays membres ont en effet confirmé que le retrait actuel du marché de 7,7 millions de barils par jour (sans compter les éventuels rattrapages des retardataires) serait ramené à 5,8 millions en début d’année prochaine. Ils espèrent malgré tout une amélioration de la situation sanitaire à moins de vouloir éviter d’envoyer des signaux qui pourraient perturber des marchés déjà fortement chamboulés.

Prévisions de rebond en 2021, mais…
«Le marché craint de plus en plus que la deuxième vague de cas de la Covid-19 dans le monde n’étouffe la reprise des prix du pétrole», a réagi l’analyste Fiona Cincotta, de City Index. Les membres de l’Opep+ ont d’ailleurs reconnu que «la reprise économique a ralenti en raison de la résurgence des cas de Covid-19» sur les continents américain, européen et asiatique, selon un communiqué publié à la fin de la réunion. «Nous continuons à penser que l’Opep+ va finir par reporter l’augmentation de la production prévue début 2021», a estimé de son côté Giovanni Staunovo, analyste de UBS.
Pour indication, les pays producteurs ont prévu de se retrouver dans un mois, le 17 novembre. D’ici là, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a insisté sur l’importance pour les pays signataires de la déclaration de coopération Opep et non Opep (Opep+), de respecter les engagements de réduction de la production afin d’atteindre l’objectif de rééquilibrage du marché pétrolier. Selon un communiqué du ministère algérien de l’Energie, le niveau de respect des engagements de baisse de la production des pays signataires de la Déclaration de Coopération Opep+ a atteint 102% en septembre. Aussi, les pays de l’Opep+ ont accueilli favorablement l’engagement réitéré des pays qui n’ont pas atteint un taux de conformité moyen de 100% entre mai et septembre 2020 de procéder à des réductions supplémentaires pour compenser le surplus de production avant la fin de l’année en cours.
Selon le Comité technique conjoint (JTC) regroupant les experts des pays de l’Opep+, le PIB mondial pour 2020 devrait se contracter de 4,1 %, la demande pétrolière mondiale devrait baisser de 9,5 millions de baril par jour (Mbj) tandis que l’offre des pays non-Opep devrait se contracter de 2,37 millions de barils/jour. Pour 2021, la croissance du PIB mondial est prévue rebondir de + 4,6 %, la demande pétrolière augmenter de 6,54 millions de barils/jour et l’offre des pays non-Opep croître de 0,89 million de barils/jour. <