Par Feriel Nourine
La révision à la baisse de la croissance de la demande mondiale de pétrole, faite mardi par l’Agence internationale de l’énergie, a eu son impact sur le marché. En effet, les cours de l’or noir poursuivaient hier leur recul dans une configuration où les risques du nouveau variant Omicron sur cette demande ne sont pas écartés par l’AIE.
Vers 15H (heure algérienne), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 73,22 dollars sur l’Inter Continental Exchange. La référence de brut européenne perdait 0,65% par rapport à la clôture de mardi, vécue, elle aussi, comme journée de repli par le marché qui s’est soldée par une perte de 0,92% à la clôture pour le Brent (73,70 dollars). A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) perdait pour le mois de janvier, cédé 0,72% à 70,22 dollars. Quelques heures plus tôt, la même référence était même descendue en dessous des 70 dollars, alors que la veille, elle avait déjà perdu 0,78% à 70,73 dollars.
Les prix évoluaient dans cette tendance, dans une atmosphère de prudence qui précède la publication des stocks américains par l’AIE. Cette dernière considère que l’Omicron, par sa propagation rapide, est en train de dresser des barrières au rebond économique. Partant, la demande est déjà en train d’en pâtir, a-t-elle relevé, justifiant son rapport par «la moindre utilisation des carburants aériens (…) en raison des nouvelles restrictions sur les voyages internationaux». Pour assumer son rôle d’agence américaine au service de son pays et des autres pays grands consommateurs de brut qui œuvrent pour la baisse des prix, l’AIE a même tenté de faire croire que l’offre allait dépasser la demande dès ce mois-ci, alors que les analystes voyaient plutôt ce rattrapage intervenir courant 2022. «Cela signifie que les réserves vont commencer à augmenter dès maintenant», a résumé un analyste. «Cela donne aux gens confiance dans le fait que le prix va baisser dans les prochains mois», a-t-il ajouté.
Abondant dans le même sens et les mêmes objectifs que l’AIE, des analystes du marché choisissent de constater que «les marchés pétroliers sont sur la pente descendante en milieu de semaine», car «les prix souffrent de l’incertitude actuelle engendrée par le variant Omicron», expliquent-ils. «La perspective d’éventuelles restrictions sur les voyages et de nouveaux confinements» inquiète les investisseurs, ont-ils ajouté.
Les investisseurs surveillaient également les prix du gaz, qui cédaient du terrain, hier, après un nouveau pic à l’ouverture. Le marché de référence du gaz européen, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, perdait, vers 10H50 GMT 4,55% à 122,46 euros le mégawattheure (MWh) mais restait en hausse de 15% depuis le début de la semaine et de 35% depuis lundi dernier. «Les prévisions météorologiques plus froides et des tensions persistantes entre la Russie et l’Ukraine» expliquent cette surchauffe récente, avancent les analystes de Goldman Sachs. Le TTF néerlandais a touché un peu plus tôt dans la journée 132,99 euros, un prix seulement vu dans l’Histoire le 6 octobre de cette année, lorsque le contrat avait flambé à 162,12 euros.