Par Lyes Sakhi
L’OPEP et le FMI s’attendent à une embellie du marché pétrolier et à un rebond des cours sous l’effet conjugué d’une amélioration du front sanitaire contre le Covid-19 avec l’accélération des campagnes de vaccination et d’une reprise de l’activité économique et industrielle dans les grands pays consommateurs.
Dans son rapport mensuel, rendu public le mardi 13 avril 2021, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole prévoit une hausse de la demande de pétrole durant le second semestre 2021, faisant état d’un supplément d’optimisme en ce qui concerne l’assouplissement des restrictions anti-Covid, l’accélération des campagnes de vaccination et la reprise économique mondiale et ses effets sur la consommation de brut.
Selon l’Opep, le rebond mondial de la demande de brut cette année est désormais attendu à 6 millions de barils/jour (mb/j), une révision à la hausse de 0,1 mb/j par rapport au mois dernier, indique-t-elle dans son rapport mensuel. Ainsi, la demande mondiale devrait atteindre les 96,5 mb/j, après avoir plongé à 90,5 mb/j en 2020. L’organisation note également que la demande de pétrole au second semestre devrait être influencée positivement par un rebond économique plus important que prévu le mois dernier dans les pays OCDE essentiellement.
Quoiqu’il en soit, l’Opep n’est pas la seule à se montrer optimiste sur une prochaine embellie du marché pétrolier. Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié le 6 avril 2021, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une hausse des cours pétroliers durant cet exercice 2021. Le FMI avance même une estimation ; un relèvement des prix de l’ordre de 30% par rapport à l’année 2020. Il explique cette prévision par la discipline des pays producteurs à ne pomper des puits que les quantités nécessaires. C’est le cas des membres de l’Opep et de leurs alliés engagés comme la Russie dans l’Opep + dans la maitrise de l’offre mondiale, notamment après leur décision de réduire en avril 2020 leur production de plus de 7 millions de barils/jour. Il justifie son pronostic par la reprise de la demande des pays consommateurs.
« Une hausse des prix des produits de base n’est pas à exclure sous l’effet de la reprise attendue de l’activité mondiale. Les cours de pétrole devraient augmenter de 30 % en 2021 par rapport à ceux de l’année 2020, en partie du fait de la baisse de l’offre de l’Opep+ », souligne le FMI dans son rapport. Il prévoit donc la poursuite du rééquilibrage du marché pétrolier durant cette année, relevant que la hausse des produits énergétiques a été consécutive à l’amorce des vaccins efficaces contre la Covid-19 en novembre 2020. Selon le FMI, les cours du pétrole ont augmenté de 39% entre août 2020 et février 2021, impactés par l’annonce de « bonnes nouvelles au sujet des vaccins et de la reprise économique rapide observée en Asie ». Les prévisions du « Fonds » se basent aussi sur la croissance de l’économie mondiale qui devrait atteindre les 6% en 2021, soit une hausse de 0,5 % par rapport aux prévisions de janvier dernier, tandis que le volume des échanges de biens et services dans le monde va rebondir de 8,4%. Cela dit, il n’écarte pas un prix moyen de 58,5 dollars le baril en 2021 (en hausse de 42% par rapport à la moyenne de2020). Un « équilibre temporaire » entre l’offre et la demande devrait se resserrer cette année, s’attend-il en se référant aux projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’agence prévoit une diminution régulière des stocks de pétrole et une demande qui devrait atteindre 96,4 millions de baril/jour.
En ce qui concerne la reprise de la production pétrolière à coûts élevés (pétrole de schiste américain), qui serait encouragée par des prix du baril à 60 dollars, le FMI se montre prudent, expliquant que « les producteurs concernés seront amenés à se concentrer sur l’assainissement de leurs bilans» <