L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est décidée à mettre en place tous les mécanismes nécessaires pour défendre le marché et le stabiliser d’ici la fin 2020. Cette démarche se poursuivra dans l’intérêt de tous, pays producteurs et importateurs, a indiqué hier le ministre saoudien de l’Energie, chef de file du cartel, dans une allocution retransmise en direct sur Youtube en amont d’une réunion mensuelle de l’Opep+. «Je tiens à souligner la détermination de l’Opep+ à poursuivre la stratégie que nous avons décidée à l’unanimité», a affirmé Abdel Aziz ben Salmane. «Nous ferons le nécessaire dans l’intérêt de tous», a-t-il ajouté, alors que la demande souffre toujours d’une baisse, sous l’effet du regain de la pandémie de Covid-19 en Europe et aux Etats-Unis et les mesures de protection qui risquent d’entraver la consommation.
Jeudi dernier, le Secrétaire général de l’organisation, Mohammed Barkindo, avait concédé que «la reprise ne se fait pas au même rythme que ce que nous avions prévu plus tôt dans l’année». Pour rappel, l’Opep et ses partenaires avaient décidé, en avril dernier, de réduire leur production conjointe de 9,7 millions de barils par jour (mbj) aux mois de mai et juin, puis d’alléger progressivement ces coupes drastiques depuis le 1er août.
Lundi, avant la réunion ministérielle, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a assuré, lui aussi, que les pays de l’Opep et non Opep (Opep+) «ont décidé de défendre le marché pétrolier et de prendre toutes décisions nécessaires pour au moins stabiliser les prix d’ici la fin 2020 de manière à maintenir le baril au-dessus de 40 dollars».
Laquelle réunion était consacrée au suivi du respect des engagements de baisse de la production des pays signataires de la Déclaration de Coopération pour le mois de septembre 2020.
A ce propos, M. Attar a salué cet accord de baisse de production, précisant que c’est grâce à l’accord Opep+, entré en vigueur en mai 2020, qu’il y a eu une remontée des cours de l’or noir et une stabilisation des prix atteignant depuis plus d’un mois la moyenne de 40 dollars le baril.
Abordant les perspectives du secteur pétrolier, M. Attar n’écarte pas une reprise des cours à partir de l’année 2021, citant dans ce contexte des prévisions de l’Opep et des institutions internationales au sujet de la reprise économique avec un taux de croissance de l’économie mondiale 4,6 %. «Il faut espérer que la situation épidémique s’améliore en 2021 et qu’il y ait un vaccin contre le coronavirus», a-t-il expliqué, tout en insistant sur la nécessité d’être «prudent» dans l’analyse de l’évolution de l’économie mondiale.
En ce qui concerne la situation de la demande mondiale en produits énergétiques durant l’année 2020, M. Attar a fait état «d’une perte de plus de 9 millions de barils par jour et d’un surplus de production de 2 millions de barils», en raison du ralentissement, notamment de la demande du secteur des transports aérien et terrestre, à l’exception du domaine maritime dont l’activité n’a pas enregistré de baisse, a-t-il relevé. n