Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés ont validé hier la stratégie décidée mi-juillet et augmenteront modestement leur production le mois prochain, a annoncé l’Organisation à l’issue d’un sommet ministériel expéditif. L’Opep+ «confirme à nouveau (…) l’ajustement à la hausse de la production globale mensuelle de 400.000 barils par jour pour le mois d’octobre», a indiqué le groupe dans un communiqué publié sur son site peu avant 16H00 GMT. Cette décision, sans surprise pour nombre d’observateurs de marché, s’inscrit dans la continuité pour l’alliance qui avait décidé le 18 juillet une augmentation mensuelle de cet ordre «jusqu’à l’élimination progressive» du volume laissé sous terre pour le moment, soit à l’automne 2022 à ce rythme. «Si les effets de la pandémie de Covid-19 continuent de susciter une certaine incertitude, les fondamentaux du marché se sont renforcés», précise l’Opep+. Adaptée à une demande convalescente, l’ouverture progressive du robinet d’or noir permet également «de préserver la cohésion entre les principaux membres de l’alliance, en mettant un frein aux drames politiques qui ont émaillé les réunions clés dans un passé récent», avait commenté auparavant Han Tan, analyste d’Exinity.
Le marché attendait de savoir si l’Opep+, dont l’histoire est émaillée de guerres intestines, allait présenter un front uni après le psychodrame du début de l’été lorsque les Emirats arabes unis avaient crié publiquement à «l’injustice». Abou Dhabi, qui militait pour un relèvement de la base de calcul de son quota de production de brut, avait finalement eu gain de cause: sa part, tout comme celle de plusieurs autres pays (Irak, Koweït, Arabie saoudite et Russie), a ensuite été ajustée à la hausse, une révision qui prendra effet en mai 2022. Si la courte durée de la réunion d’hier témoigne d’un consensus vite obtenu, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, en charge de l’Energie, aura joué le rôle de franc-tireur un peu plus tôt dans la journée, ménageant le suspense sur son issue. M. Novak, cité par l’agence Interfax, a en effet indiqué que la Russie était en mesure d’augmenter sa production au-delà de son quota, provoquant un coup d’arrêt à la timide hausse des cours du brut engagée depuis le début de journée. En maintenant sa prudente stratégie, les vingt-trois protagonistes n’auront ni déjoué les prévisions des analystes ni cédé aux pressions de Washington. Le Brent et le WTI accueillaient avec calme la décision de l’Opep+, reculant d’environ 0,50% vers 16H15 GMT. L’Opep+ se réunira de nouveau le 4 octobre, précise enfin le communiqué.