Les cours du pétrole montaient encore plus hier, et renforçaient leur tendance haussière entamée en début de semaine, avec une quatrième séance de hausse consécutive à leur actif. Ils poussaient nettement plus haut, notamment en après-midi, après la publication des données hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), annonçant une réduction de 6,4 millions de barils pour les stocks américains, soit le double (2,7 mbj) de ce qui avait été prévu par les analystes.
Cette nouvelle a fait bondir les prix du brut, faisant atteindre aux références européenne et américaine leurs plus hauts niveaux depuis le 31 juillet dernier.
Ainsi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre atteignait 76,13 dollars en fin d’après-midi, alors qu’un peu plus tôt, avant l’information de l’EIA, il était à 75,76 dollars, en hausse de 1,30% par rapport à la clôture de la veille.
Le WTI américain pour livraison en octobre a atteint 73,14 dollars, un sommet plus fréquenté depuis le 2 août. Vers 15H15 GMT, le prix se situait à 72,77 dollars, en progression de 3,27%.
Les prix du brut puisent leur bonne forme actuelle de l’ouragan Ida qui a considérablement limité la production américaine. En ce sens, les investisseurs s’attendaient à ce que les réserves de brut et d’essence des Etats-Unis aient été fortement amoindries la semaine passée. En plus de leur donner raison, l’EIA a étalé des chiffres qui dépassent largement leurs prévisions.
Pour Matt Smith, analyste de Kepler, cette chute imprévue des stocks de brut s’explique par le maintien d’un niveau élevé d’exportations alors que la production était encore affectée par le passage de l’ouragan Ida dans le Golfe du Mexique.
Les exportations ont en effet augmenté par rapport à la semaine précédente et sont supérieures à celles de la même période de l’an dernier.
La production a légèrement augmenté par rapport à la semaine précédente, à 10,1 millions de barils par jour (mb/j), contre 10 précédemment, mais demeure sensiblement moindre qu’un an plus tôt (10,9 mb/j).
L’ouragan Ida a contraint de nombreuses compagnies à suspendre l’activité de leurs plateformes dans le Golfe du Mexique ainsi que celle de plusieurs raffineries de la région de la Nouvelle-Orléans (Louisiane), également frappée par l’épisode climatique extrême.
Par ailleurs, les prix de l’or noir évoluent cette semaine sur fond de prévisions de forte croissance de la demande mondiale, émises respectivement par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et l’Agence internationale de l’Energie.
Lundi, l’Opep a publié son rapport mensuel, indiquant qu’elle s’attendait à une croissance de 4,2 mbj en 2022, soit une hausse qui porterait la demande mondiale à des niveaux plus hauts que ceux affichés avant l’arrivée de la pandémie de la Covid-19.
Ce sont donc 0,9 mb/j que l’organisation ajoute à ses estimations d’il y a un mois et qui pousseront la demande mondiale à 100,83 mbj. Cela excédera alors les niveaux d’avant la pandémie, souligne-elle, justifiant son scénario optimiste par les taux de vaccination en augmentation, faisant que la pandémie de la Covid-19 devrait être mieux gérée et les activités économiques et les transports revenir fermement à leurs niveaux d’avant le coronavirus.
Même son de cloche chez l’AIE dont le rapport mensuel a été, à son tour, publié mardi. Dans ce document, l’agence américaine basée à Paris table sur une croissance de 3,2% mbj pour la même année. Laquelle croissance devrait se mettre en branle dès le mois prochain, a-t-elle prévenu. Elle interviendrait après trois mois de recul, à raison de 1,6 mbj et se poursuivrait à ce rythme jusqu’à la fin de 2021, avant de passer aux 3,2 mbj l’année prochaine, précise la même source, expliquant, elle aussi, ces prévisions à la hausse par des « des signes qui émergent déjà sur une baisse des cas de Covid ». F. N.