Après avoir clôturé, lundi, à leurs plus bas depuis près de 18 ans, les cours du pétrole effectuaient hier une légère remontée sur les marchés londonien et américain. Une évolution positive qui faisait suite à l’entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui a eu lieu la veille, ouvrant la voie à un rendez-vous entre des responsables américains et russes du secteur de l’énergie pour aborder le problème de l’effondrement du marché mondial de l’or noir, sous l’effet du coronavirus qui a paralysé la demande mondiale, avant que la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite ne vienne précipiter la dégringolade et faire voler en éclat toute tentative de riposte à cette crise inédite par ses paramètres.
Hier, en matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 23,40 dollars sur l’Inter Continental Excahges, en hausse de 2,81% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain de WTI pour la même échéance gagnait 6,17%, à 21,33 dollars.
La veille, les deux indices de référence sont tombés à leur plus bas depuis 2002, touchant respectivement en séance des planchers à 21,65 dollars et 19,27 dollars le baril.
«Des points de vue sur la situation actuelle des marchés pétroliers mondiaux ont été échangés. Il a été convenu qu’il y aurait des consultations russo-américaines à ce sujet par le biais des ministres de l’Energie», selon le compte-rendu fait par le Kremlin de l’entretien entre les présidents Trump et Poutine.
De son côté, le porte-parole de la Maison-Blanche, a déclaré que les deux dirigeants étaient convenus de l’importance de la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie mais il n’a pas fait état de la possibilité d’entretiens au niveau ministériel.
Moscou n’a pas précisé sur quoi porteraient exactement les discussions avec Washington mais la Russie a précédemment indiqué qu’elle souhaitait voir davantage de pays s’impliquer dans les efforts d’équilibrage du marché pétrolier.
Pendant ce temps, l’Arabie saoudite fait la sourde oreille et ne rate aucune occasion pour entretenir la tension, en rappelant qu’elle s’apprêtait à inonder le marché et à faire accroître sensiblement ses exportations pétrolières, le royaume ayant annoncé lundi qu’il avait l’intention de les augmenter de 600 000 barils par jour à partir de mai, ce qui portera ses exportations (totales) à 10,6 millions de barils par jour. Pour vendre autant de pétrole, l’Arabie saoudite avait déjà annoncé une réduction sensible de ses prix de vente de son pétrole, avait-elle déjà annoncé au lendemain de l’échec de la réunion de l’Opep+, le 6 mars à Vienne.
Lundi, le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, a demandé à la Russie de reprendre les contacts avec l’Arabie saoudite et les autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), afin de trouver un accord pour «la reprise» des cours. M. Maduro a appelé à «renouer le dialogue» afin de parvenir à des «accords (…) permettant la reprise progressive mais soutenue du marché pétrolier et du prix du pétrole». Il a fait ces déclarations en marge d’une cérémonie de présentation des lettres d’accréditation de l’ambassadeur de Russie à Caracas, Sergueï Melik-Bagdasarov
En attendant une rencontre entre experts russes et américains du secteur ou encore un retour à la coopération entre Moscou et Ryad, c’est surtout le rebond de l’indice de l’activité économique en Chine, constaté depuis quelques jours, qui est désigné par les analystes comme principal facteur de la reprise effectuée hier par les prix du brut. La levée des mesures de confinement à Wuhan par les autorités de Pékin permet, en effet, aux investisseurs du secteur pétrolier d’espérer une reprise plus rapide des cours.