Par Bouzid Chalabi
Toute l’attention des acteurs du marché pétrolier est tournée vers le sommet ministériel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés via l’accord Opep+, quant au niveau de production au mois d’août et au-delà, rendue à l’issue de ce sommet. Néanmoins, pour une grande majorité d’entre eux (les acteurs) la situation devrait continuer de se tendre au cours de l’été et les prix du pétrole continuent de progresser. Sur ce dernier point, il y a lieu de savoir que les prix ont progressé, hier mercredi, à la veille du sommet de l’Opep+ car portés par une demande toujours solide et la perspective de voir diminuer les stocks de brut aux Etats-Unis. En effet, à la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, dont c’est le dernier jour de cotation, valait
75,23 dollars à Londres, en hausse par rapport à la clôture de la veille. Quant au baril de WTI, il gagnait pour le même mois 1,08% à 73,77 dollars. Ce maintien des cours du brut à un niveau élevé résulte «du fait que la demande actuelle du pétrole reste forte et l’offre contenue», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank. Des cours qui, faut-il le rappeler, ont atteint lundi 28 juin de nouveaux plus hauts : le Brent et le WTI ont touché 76,60 dollars et 74,45 dollars, une première depuis le mois d’octobre 2018.
Pour revenir au sommet de l’Opep+, il semblerait, selon Eugen Weinberg de Commerzbank, que les deux principales nations de l’alliance, à savoir la Russie et l’Arabie Saoudite, «ne sont pas arrivées à un accord sur l’opportunité d’augmenter encore la production en août et, si oui, de combien ?» Des analystes avancent en outre que les investisseurs prendront connaissance d’ici là des chiffres hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) qui étaient attendus, hier, en début de séance américaine sur l’état des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis. «Un indicateur important pour la demande du premier consommateur mondial», soulignent les analystes. Notons par ailleurs que le marché pétrolier table sur une baisse de 3,85 millions de barils pour la semaine passée, selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg. Toujours dans ce même ordre d’idées, la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux Etats-Unis, l’American Petroleum Institute (API), aux chiffres cependant jugés moins fiables, a de son côté rendu compte, mardi dernier, d’une baisse plus forte encore, de 8,15 millions de barils.
Concernant les perspectives du marché pétrolier, plusieurs institutions financières ont revu à la hausse leur scénario de prix du pétrole la semaine dernière, notamment Goldman Sacks, qui voit le Brent atteindre 80 $/b cet été, en raison de la reprise rapide de la demande, et Bank of America, avec un prix du Brent qui pourrait dépasser les 100 $/b d’ici l’année prochaine. Ces scénarios ont été repris également par Darren Woods d’Exxon, Patrick Pouyanne de Total Energies et Ben van Beurden de Shell, qui ont déclaré la semaine dernière, lors du Qatar Economic Forum, que l’on pouvait s’attendre à ce que le prix du Brent atteigne prochainement 100 $/b en raison de la tension de l’offre provoquée par la baisse des investissements dans la production même si la volatilité du marché pourrait également exercer une pression baissière sur les prix. Cela dit, jusqu’à présent, «il y a eu peu d’informations sur la position de l’Opep face à la hausse des prix du brut, si ce n’est une déclaration du prince Abdulaziz bin Salman, la semaine dernière, indiquant qu’il était prêt à prendre des mesures qui contribuent à «tempérer les pressions inflationnistes croissantes». <