Après une légère hausse affichée vendredi à la clôture de la semaine, les cours du pétrole ont repris leur tendance baissière, hier, alors que la levée des mesures de confinement, imposées dans la ville de Changdu, laissait entrevoir une reprise plus large des activités en Chine.

Synthèse de Feriel Nourine
En dépit d’informations favorables en provenance de l’Empire du Milieu, la prudence reste de mise chez les investisseurs face à la série de décisions de politique monétaire, dont celle, mercredi, de la Réserve fédérale (FED) américaine qui devrait procéder à une nouvelle hausse massive des taux pour lutter contre l’inflation. Les banques centrales du monde entier sont certaines d’augmenter les coûts d’emprunt pour maîtriser l’inflation élevée, et il existe un risque d’une hausse brutale de 1 point de pourcentage par la Réserve fédérale américaine. Très secoué, et de plus en plus vulnérable, le marché de l’or noir entamait la semaine avec un baril de Brent de la mer du Nord redescendu nettement sous la barre des 90 dollars durant la matinée. La référence européenne de brut a néanmoins réussi à effecteur une légère remontée durant l’après-midi, pour atteindre les 90,70 dollars, soit toujours en baisse par rapport à la clôture de vendredi (91,35 dollars). Quant au West Texas Intermediate (WTI), il s‘affichait à 84,529 dollars, soit une baisse de 0,68%. La récession et la pression monétaire continuent donc de peser sur l’évolution du pétrole, dont les prix ont perdu plus de 30% du sommet qu’il avait atteint en mars dernier, soit 147 dollars le baril. Le marché a également été mis sous pression par les prévisions d’une demande plus faible, comme celle de la semaine dernière par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), selon laquelle il n’y aurait aucune croissance de la demande au quatrième trimestre. Mais les inquiétudes concernant l’offre permettent de contenir les craintes concernant la demande. Malgré ces craintes concernant la demande, les inquiétudes concernant l’offre ont permis de contenir la baisse. A cela s’ajoute la mesure d’assouplissement des restrictions liées à la Covid-19 en Chine, qui avait assombri les perspectives de demande du deuxième consommateur mondial d’énergie, et qui pourrait également susciter un certain optimisme, selon des analystes. Sur un autre registre, l’Arabie saoudite a augmenté ses exportations de brut de 2,5 % en juillet dernier, selon les données de la Joint Organization Data Initiative (JODI) lundi, publiées hier. Une augmentation qui a porté à 7,38 millions de barils par les ventes du premier exportateur mondial de brut (soit leur plus haut depuis avril 2020), et chef de file de l’Opep, contre 7,20 mbj en juin, précise JODI. Le pays avait relevé ses prix du brut en juillet pour les acheteurs asiatiques à des niveaux plus élevés que prévu dans un contexte d’inquiétudes concernant l’offre restreinte et les attentes d’une forte demande en été, rappelle la même source, ajoutant que l’Arabie saoudite avait également augmenté son OSP (vente officielle de pétrole) pour les acheteurs européens et méditerranéens, mais avait maintenu les différentiels américains inchangés. Saudi Arabia était le troisième fournisseur de l’Inde en juillet et a également conservé sa place de premier exportateur vers la Chine au cours du premier semestre de l’année, fait-on encore savoir. La production saoudienne a également atteint son plus haut niveau en plus de deux ans à 10,815 millions de bpj contre 10,646 millions de bpj le mois précédent, est-il, par ailleurs, relevé. n