Après la très forte ascension enregistrée la semaine dernière, plaçant le baril à hauteur des 140 dollars, les prix du pétrole ont observé une halte puis, un repli qui se poursuivait hier.

Par Feriel Nourine
Sur le marché, la nouvelle semaine entamait avec un fort recul de plusieurs dollars, mais avec des niveaux toujours hauts, sous l’impact du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine qui maintient la menace sur l’offre mondiale. Avec, cependant, des négociations russo-ukrainiennes sur fond de progrès, selon des sources européennes, éloignant relativement les échanges de la zone de très hautes tensions dans laquelle elles se déroulent depuis quelques jours.
Une nouvelle session de pourparlers entre responsables russes et ukrainiens s’est tenue, hier matin, sous des auspices plus positifs que les précédentes, même si le conflit s’est étendu ces derniers jours à l’Ouest de l’Ukraine, aux portes de l’Otan.
A cette donne s’ajoute le confinement opéré par les autorités chinoises à Shenzhen, centre technologique du pays, refroidissant ainsi les ardeurs des investisseurs. En effet, 17 millions d’habitants de cette ville ont été placés en confinement dimanche après le signalement de foyers épidémiques liés au territoire voisin de Hong Kong, où la Covid-19 fait des ravages. Face au conflit entre la Russie et l’Ukraine, et les nouvelles mesures sanitaires décidées par la Chine, d’où était partie la pandémie il y a deux années et demie, l’or noir se rétractait sensiblement, affichant des taux de baisse qui témoignent une nouvelle fois de la volatilité du marché.
Vers 10H10 GMT (11H10 HEC), le baril de la mer du Nord pour livraison en mai perdait 3,75% à 108,44 dollars sur l’Inter Continental Exchange, alors que le WTI pour livraison en avril chutait de 4,91% à 103,95 dollars sur le New York Mercantile Exchange.
Le pétrole «est en baisse (…) ce matin, car des progrès tangibles ont été signalés dans les négociations entre l’Ukraine et la Russie au cours du week-end», commentaient des analystes, ajoutant que «la ruée pour remplacer les barils russes bat son plein, mais les disponibilités immédiates sont limitées». Ce qui maintient la tension sur le marché, même si les pays de l’Union européenne ont, jusqu’à ce jour, décidé de ne pas suivre l’exemple américain et rompre leur approvisionnement de pétrole russe dont ils dépendent grandement. Ce qui n’est pas le cas du Royaume-Uni qui, de son côté, a entamé la rupture avec le pétrole russe et multiplie donc les démarches pour une alternative qui éviterait au gouvernement en place la grogne sociale. En ce sens, le Premier ministre britannique Boris Johnson doit entreprendre une visite en Arabie saoudite pour discuter pétrole au moment où les sanctions contre la Russie frappent les consommateurs britanniques. Une information rapportée par le journal The Times et que le ministre britannique Michael Gove n’a pas démentie sur la chaîne Sky News, qui l’interrogeait dimanche sur ce sujet. «Nous devons compter sur le pétrole d’un certain nombre de pays, dont pour beaucoup nous n’approuvons pas les atteintes aux droits humains», a dit M. Gove.
Selon The Times, M. Johnson doit discuter avec le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS) pour tenter d’alléger les conséquences des sanctions prises à l’encontre de la Russie après l’invasion de l’Ukraine et de contenir la hausse des prix du pétrole.
Conséquence des sanctions contre la Russie, les prix de l’essence et du diesel ont atteint des records au Royaume-Uni, s’ajoutant à une hausse déjà faramineuse des factures d’énergie. n