Les cours du pétrole grimpent de plus en plus, au point où hier mardi, ils ont battu un nouveau record. Stimulés par une offre américaine toujours perturbée par une vague de froid et une étude optimiste d’analystes, dans l’attente du prochain sommet de l’Opep+, le 4 mars, ils se sont, en effet, rapprochés de la barre des 66 dollars. Pour le détail, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril gagnait 1,06% à Londres, ce mardi, par rapport à la clôture de la veille, à 65,93 dollars. En même temps, le baril américain WTI grimpait de 1,04% à 62,34 dollars. En somme, les deux barils de référence ont touché respectivement 66,79 dollars et 63,00 dollars. Des niveaux jamais atteints depuis le 8 janvier 2020, soit un peu plus d’un an. Cela est dû, selon plusieurs analystes, aux répercussions de la vague de froid arctique qui a frappé la semaine dernière l’Etat du Texas, poumon énergétique américain. Et la reprise de la production américaine, arrêtée à 40%, «sera lente» donc, avertit Tamas Varga, analyste de PVM. Toujours au registre des causes de cette tendance à la hausse des cours du pétrole, un dollar en berne dont le pétrole en a bénéficié et une connaissance de notes plus optimistes sur la reprise économique pour la demande mondiale de brut, souligne le cabinet Goldman Sachs et Morgan Stanley. Egalement en cause dans la montée des cours, la relation entre les Etats-Unis et l’Iran est suivie de près par le marché et chaque accroc qui éloigne Téhéran et Washington retarde d’autant le retour sur le marché de la production iranienne. En effet, deux événements principaux ont eu lieu lundi dernier, à savoir l’annonce par l’ayatollah Ali Khamenei que l’Iran pourrait enrichir de l’uranium à 60% en cas de besoin et les tirs de roquettes en direction de l’ambassade des Etats-Unis à Baghdad, en Irak, dont l’Iran est tenu pour «responsable» selon les Etats-Unis.
Notons, par ailleurs, que le marché pétrolier attend les suites de la politique de contrôle de l’offre par l’Opep+, le club de vingt-trois producteurs composé des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de dix alliés, dont la Russie, qui se réunit la semaine prochaine. A ce propos, des analystes du marché prévoient que les prix du Brent atteindront 70 dollars et 75 dollars plus vite que prévu, car ils s’attendent à ce que l’Opep mette du temps à accélérer la production face à la hausse de la demande mondiale. Mais l’analyste Andy Lipow estime, pour sa part, que les membres de l’Opep+ «peuvent très bien, s’ils le désirent, accélérer rapidement la production». Dans l’attente du deuxième sommet interministériel de l’année, des membres de l’Opep+, le 4 mars prochain, Goldman Sach prévoit dans sa dernière étude que «les cours du pétrole vont remonter plus tôt et plus fort par l’effet des stocks américains moindres et des coûts d’exploitation plus importants pour le démarrage de la production aux USA».
Notons enfin que l’expert de Lipow Oil Associates vient d’avertir que la question pour les marchés est maintenant de savoir de combien les membres de l’Opep+ vont augmenter la production dès le 1er avril prochain. Sur cette question, des rumeurs de plus en plus nombreuses laissent entendre que «la Russie est prête à commencer à freiner les réductions de production», a confié Ozkardeskaya, de Swissquote.