Pétrole Les prix à leur plus haut

Par Bouzid Chalabi
Le prix du pétrole progresse au point de retrouver son plus haut niveau depuis le milieu d’octobre 2018 pour le WTI et mai 2019 pour le Brent. Il a été, en effet, coté à la clôture hebdomadaire du marché vendredi à près de 72 dollars le baril, porté par la politique d’offre contenue de l’Opep+ et une demande qui repart, notamment aux Etats-Unis. Pour le détail de cette progression, le Brent de la mer du Nord pour livraison en août a conclu vendredi à 71,89 dollars à Londres, en augmentation de 58 cents ou 0,81% par rapport à la clôture de la veille. Il en est de même pour le West Texas Intermediate (WTI/pétrole américain) qui a, pour le mois de juillet, grimpé à 69,62 dollars, en hausse de 81 cents ou 1,17%, pour atteindre un sommet depuis mi-octobre 2018. Comme il faut souligner que le prix spot du Brent, à 70,7 $/b en moyenne (+2,4 %), retrouve son niveau de janvier 2020. En moyenne hebdomadaire, le cours du Brent ICE (contrat ‘future’ à 1 mois à Londres) gagne plus de 3 %, s’établissant la semaine passée à 71,2 $/b en moyenne. Quant au cours du WTI (pétrole américain) il a progressé de 3,7 % à 68 $/b. A propos de cette hausse du prix des deux références de la semaine passée, elle résulte selon les analystes de la prudence affichée par l’Opep+ lors de la réunion du 1er juin. Ces derniers avancent, par ailleurs, qu’«en décidant d’attendre avant de prendre une décision, l’Opep+ crée un doute sur sa stratégie future, doute favorable à une hausse au moins ponctuelle des prix». D’autres analystes croient que cette progression s’inscrit dans un mouvement toujours haussier pour les marchés financiers. Qu’on en juge. Le Brent dépasse les 70 $/b, niveau atteint rarement depuis 2015. Ce fut, en effet, le cas en début d’année 2020 sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et, en 2018, du fait des incertitudes avant la mise en œuvre de l’embargo sur l’Iran. Par contre, certains analystes avancent que la gestion de l’offre par l’Opep+ explique aujourd’hui en partie les niveaux actuels des prix. Il convient de rappeler que l’accord d’avril 2021 de l’Opep+ avait acté une hausse conséquente de la production Opep+, à hauteur de 2 Mb/j par rapport au mois d’avril, répartie entre mai et juillet. Cette progression était, selon les analystes, suffisante pour équilibrer le marché au 2e trimestre.
«En revanche, si le niveau de juillet n’est pas ajusté dans les prochains mois, le marché ne sera plus en équilibre aux 3e et 4e trimestres», rapporte le cabinet d’expertise IFP Energies nouvelles. Cette même source ajoute que face à l’incertitude quant à la décision à venir du cartel, «le prix s’est ajusté à la hausse dans une forme d’achat de précaution». La prochaine réunion, fixée au 1er juillet 2021, devrait permettre de clarifier la situation et de proposer probablement une nouvelle augmentation de l’offre. <