Une nouvelle fois, les cours du pétrole dépendaient de la géopolitique et des données officielles sur les réserves américaines pour connaître la direction à prendre. En effet, de nouvelles informations sur l’accord sur le nucléaire iranien sont très attendues depuis que le président américain Trump, qui recevait son homologue français, ne cachait plus sa volonté de revoir l’accord en question. 

Vers 14H GMT (16H à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 73,65 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 21 cents par rapport à la clôture de la veille et sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude »était coté à 67,84 dollars une heure après son ouverture. Pour en revenir à Donald Trump, il est certes resté évasif sur sa décision sur l’accord iranien, qu’il a menacé de « déchirer» pour imposer de nouvelles sanctions sur le régime iranien, mais cela a suffi à faire « douter » les marchés car un retour des sanctions américaines empêcherait l’Iran d’exporter son pétrole, ce qui entamerait l’offre sur le marché mondial. Pour leur part, les stocks de brut pourraient avoir reculé de 2,25 millions de barils, ceux d’essence de 2 millions de barils et ceux d’autres produits distillés (diesel et fioul de chauffage) de 1,45 million de barils, selon la médiane d’un consensus d’analystes compilé par Bloomberg.  Mais l’American Petroleum Institute (API), fédération professionnelle qui fait état de ses propres données à la veille de celles de l’EIA, agence gouvernementale, a pour sa part fait état d’une hausse des stocks de brut, ont rapporté plusieurs analystes.  « L’API a publié une hausse inattendue de 1,1 million de barils pour le brut et une baisse marquée pour les produits distillés », ont détaillé les analystes de JBC Energy. Cependant,  les stocks de pétrole brut ont progressé de façon inattendue aux Etats-Unis la semaine dernière tandis que la production a atteint un nouveau record dans le pays, tranchent les chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Lors de la semaine achevée le 20 avril, les réserves commerciales de brut ont augmenté de 2,2 millions de barils pour s’établir à 429,7 millions, alors que les analystes prévoyaient un repli de 2,2 millions de barils. Egalement scrutés, puisqu’ils servent de référence à la cotation du pétrole à New York, les stocks de brut du terminal de Cushing (Oklahoma, sud) ont augmenté de 500 000 barils à 35,4 millions de barils.  Les réserves d’essence ont, elles, augmenté de 800 000 barils, également à la surprise des analystes qui s’attendaient à un repli de 2 millions de barils. Les stocks d’autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole) ont en revanche baissé, de 2,6 millions de barils, soit un peu plus que le repli de 1,5 million prévu.  La production de brut, qui enchaîne les records depuis plusieurs semaines, a de nouveau légèrement augmenté, les Etats-Unis extrayant en moyenne 10,59 millions de barils par jour (mbj) contre 10,54 millions la semaine précédente. Les exportations américaines ont également atteint un nouveau pic historique depuis que ces statistiques ont commencé à être compilées par l’EIA en 1991, avec 2,3 mbj envoyés à l’étranger. Le prix du pétrole américain, qui évoluait en légère hausse avant la publication de ce rapport, a fléchi après sa diffusion et perdait vers 14H45 GMT 38 cents à 67,32 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).