Les marchés pétroliers sont rattrapés par la crise libyenne, surtout après le blocage, samedi, par les principaux terminaux pétroliers de l’est du pays, faisant craindre une réduction de l’offre mondiale de Brut.
En effet, cette opération menée par les forces pro-Haftar va entraîner la chute de la production libyenne de 1,3 million barils par jour à 500 000 b/j, soit 800 000 barils de moins, a indiqué, le jour même, la Compagnie nationale de pétrole (NOC), soulignant l’arrêt des importations dans plusieurs ports pays. Hier, au premier jour d’une nouvelle semaine, les cours réagissaient au blocage des terminaux par montée de plus de 1% des deux indices de référence. En fin de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars s’affichait à 65,23 dollars à Londres, en hausse de 0,59% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour février gagnait 0,39% à 58,77 dollars.
Si le blocage persiste en Libye, l’offre mondiale montrera des limites et les prix risquent de monter nettement plus qu’en ce début de semaine, prévoient les analystes. « L’offre a été amputée de 800 000 barils par jour de brut et les cours risquent à nouveau de monter dans les prochains jours s’ils ne sont pas remis rapidement sur le marché », ont-ils souligné. Pour rappel, un groupe proche du maréchal Haftar avait appelé, vendredi, à bloquer les exportations pétrolières du pays pour protester contre l’intervention turque dans le conflit, suscitant les inquiétudes de la NOC. Selon eux, les revenus pétroliers distribués par le Gouvernement d’union nationale (GNA) servent à payer des combattants venus de l’extérieur, notamment de Turquie.
La compagnie pétrolière avait alors dénoncé des outils de pression « pour des négociations politiques » à moins de deux jours de la tenue de la conférence internationale à Berlin visant à relancer un processus de paix en Libye.n