Par Feriel Nourine
Après plusieurs séances de recul, les cours du pétrole ont renoué mardi avec la hausse, sous l’effet du risque géopolitique provoqué par la chute de missiles d’origine encore inconnue en Pologne mardi.
Une légère hausse cependant dans un marché toujours hésitant face à la récession, même si les autorités chinoises ont décidé d’assouplir leur politique Zéro covid qui mine depuis plusieurs semaines la demande mondiale d’or noir.
Cette augmentation n’a d’ailleurs pas duré, puisqu’hier, les prix repartaient à la baisse.
Après être montés au-dessus des 94 dollars durant la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s’est rétracté dans l’après-midi, cédant 1,25% à 92.69 dollars le baril. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre s’ échangeait à 85,33 dollars, en recul de 1,83%.
Avant de repartir à la baisse, les prix du pétrole étaient soutenus «par des rapports faisant état d’un arrêt temporaire de l’oléoduc Druzhba», qui transporte du pétrole russe vers la Hongrie, «en raison d’une baisse de pression», explique des analystes
«Toutefois, les inquiétudes persistantes concernant l’économie mondiale empêchent les prix d’augmenter sensiblement», modèrent d’autres analystes.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) comme l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont en effet diminué cette semaine leurs prévisions de croissance de la demande pour 2023, invoquant l’incertitude économique mondiale.
Le ralentissement de la demande est le plus prononcé en Chine, grand pays consommateur de brut, est-il relevé. La consommation de pétrole dans le pays «est entravée par sa foi inébranlable dans une politique de tolérance zéro à l’égard du Covid-19 et par une faiblesse économique persistante», affirme-t-on.

Record des dividendes mondiaux au troisième trimestre
La hausse des prix enregistrée durant l’année en cours a permis aux sociétés pétrolières de soigner leurs dividendes durant le troisième trimestre. Ce qui s’est traduit par l’augmentation des dividendes mondiaux, indique le rapport trimestriel de Janus Henderson publié hier.
«La hausse des dividendes pétroliers a entraîné une augmentation de 7% des dividendes mondiaux, qui ont atteint 415,9 milliards de dollars, un record pour le troisième trimestre».
Les dividendes des producteurs pétroliers ont augmenté de 75% pour atteindre le montant record de 46,4 milliards de dollars. Sans cette progression, le total mondial aurait été stable par rapport à l’année précédente, précise le rapport.
Portées par la flambée de l’or noir, les compagnies pétrolières ont augmenté leurs versements, principalement par le biais de dividendes extraordinaires plutôt que par une augmentation de leurs versements réguliers.
Toutefois, dans la mesure où «le cours du pétrole est déjà inférieur aux niveaux atteints plus tôt cette année, le niveau exceptionnel actuel des versements ne sera probablement pas permanent», prévient Jane Shoemake, gérante chez Janus Henderson, citée dans un communiqué.
Pour l’ensemble de l’année 2022, Janus Henderson prévoit que les dividendes atteindront 1.560 milliards de dollars dans le monde, représentant une hausse de 8,3% par rapport au record de 2021 qui avait bénéficié du rebond de l’économie mondiale et de bénéfices exceptionnels des entreprises minières.
À l’horizon 2023, le ralentissement de la croissance économique mondiale devrait cependant avoir un impact sur les bénéfices et la capacité de certaines entreprises à augmenter leurs versements, estime Janus Henderson. <