Les prix du pétrole se redressaient encore en cours d’échanges européens vendredi alors que les importateurs de pétrole iranien réagissent à l’interdiction américaine de poursuivre leurs achats à partir de novembre. En milieu d’après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 79,16 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE)

de Londres, en hausse de 1,31 dollar par rapport à la clôture de jeudi. Dans la matinée, le Brent a grimpé jusqu’à 79,34 dollars, son cours le plus haut en un mois. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance prenait 68 cents à 74,13 dollars une heure après son ouverture, quelques instants après avoir touché son plus haut niveau depuis novembre 2014, à 74,31 dollars. « Les tensions géopolitiques font monter la pression de perturbations de l’offre, ce qui fait grimper les cours à court terme », a résumé Lukman Otunuga, analyste chez FXTM. En particulier, les Etats-Unis ont durci le ton vis-à-vis de l’Iran en affirmant mardi que les pays qui importent du pétrole en provenance de ce pays pourraient être sanctionnés. « La question est de savoir si les Etats-Unis cherchent à trouver un nouvel accord sur le nucléaire ou à paralyser l’économie et le gouvernement », estiment les analystes de JBC Energy. Selon eux, si la première hypothèse est la bonne, l’Iran pourra continuer à exporter une partie de son brut. Mais dans la deuxième hypothèse, les Etats-Unis ont les moyens de peser sur les importateurs, y compris la Chine et l’Inde, « qui importent également du brut américain », ont-ils souligné. Par ailleurs, « les problèmes de production du Venezuela et les perturbations des extractions de sable bitumineux au Canada ont participé à l’inquiétude des marchés », a commenté Tamas Varga, analyste chez PVM. Dans ce contexte, l’assouplissement de l’accord de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de dix autres producteurs, qui devrait permettre à ses participants d’augmenter leurs extractions, n’a pas rassuré les marchés, selon des analystes. La Russie, poids lourd de l’accord, a donné une indication de la hausse à attendre. « Si le million de barils par jour visé par l’ensemble des pays n’est pas atteint, nous contribuerons à l’augmentation, avec plus de 200.000 barils par jour s’il le faut », a assuré vendredi le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, cité par l’agence de presse officielle TASS.