Le pétrole a atteint cette semaine son plus haut niveau en 5 mois grâce aux nouvelles économiques positives de la Chine, à la faiblesse du billet vert et au programme de la société pétrolière d’Etat des Emirats arabes unis, qui vise à réduire l’offre de pétrole brut de 30 % en octobre. Faut-il savoir qu’après avoir démarré la séance en nette baisse due à la dégringolade de Wall Street, les prix se sont repris un peu en cours d’échanges européens. Pour la précision, dans la matinée de vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 44,34 dollars à Londres, en hausse de 0,61% par rapport à la clôture du dernier jeudi du mois d’août 2020. A New York, le baril américain de WTI pour octobre gagnait 0,68% à 41,68 dollars. La veille, les deux barils sont tombés à leurs plus bas depuis début août, à respectivement 43,15 et 40,22 dollars.
«Les prix du pétrole ont baissé pendant la nuit, une grande partie de la faute pouvant être attribuée à la chute des actions de Wall Street », a commenté un analyste de Oanda. Jeudi, l’indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’est enfoncé de 2,78% et le Nasdaq, à forte coloration technologique, a plongé de près de 5%. Les analystes ont expliqué cette dégringolade par des prises de bénéfices. Mais «des facteurs fondamentaux pèsent également sur les prix du pétrole », a expliqué Eugen Weinberg, de Commerzbank. «L’Irak, par exemple, ne semble pas en mesure de mettre pleinement en oeuvre les réductions de production supplémentaires qu’il a promises », pour contrebalancer son non-respect de l’accord conclu au printemps, a-t-il ajouté. Le ministre irakien du Pétrole a affirmé que le pays ne comptait pas profiter d’exemption, mais qu’il aurait peut-être besoin de plus de temps pour réduire davantage sa production. L’Irak fait partie, avec notamment le Nigeria, des pays qui n’ont pas respecté l’accord lors des premiers mois. Pointés du doigt à la mi-août, ils ont tous deux promis de compenser ces surproductions dans les mois à venir.
Plus tard dans la journée, les investisseurs prendront connaissance du rapport mensuel sur l’emploi américain, témoignage de la santé du premier consommateur mondial d’or noir. Depuis plusieurs semaines, les investisseurs sont tiraillés entre l’optimisme d’un rebond économique post-crise de la Covid-19 et la peur d’une reprise ou d’une accélération de la propagation dans certains pays.
Soulignons toutefois que d’après des prévisions de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, le prix du baril devrait grimper à 65 dollars vers la fin de l’année prochaine, poussé par la découverte d’un vaccin efficace contre le coronavirus, qui stabilise la demande notamment. n