Synthèse de Salim Benour
Cette baisse est expliquée par la prudence des investisseurs rendus inquiets par les incidents observés ces jours-ci durant l’utilisation du vaccin Astra Zeneca.
Les prix du pétrole ont baissé hier mercredi dans un contexte marqué par la prudence des investisseurs face aux risques qui pèsent sur la demande mondiale. Parmi eux, les inquiétudes suscitées par les effets secondaires observées après l’utilisation du vaccin AstraZeneca chez beaucoup de personnes en Europe notamment et la probabilité d’une remise en cause du scénario de fin de pandémie sur lesquels comptent tous les pays du monde, industrialisés en premier, pour renouer avec la croissance et une activité économique d’avant 2020.
Ainsi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 67,71 dollars à Londres, en baisse de 0,99% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain de West Texas (WTI) pour mars reculait de 0,68%, à 64,36 dollars. Pour l’expert Avtar Sandu, analyste au cabinet de consulting international Phillip Futures, ces nouveaux cours traduisent l’inquiétude des investisseurs par rapport à la demande mondiale. La suspension de la vaccination AstraZeneca dans un certain nombre de pays européens inquiets de possibles effets secondaires, explique-t-il, «menace la reprise de la demande en carburant» sur le continent.
Les campagnes de vaccination contre le Covid-19 «représentent une bouée de sauvetage essentielle pour le marché pétrolier», a rappelé de son côté l’analyste Stephen Brennock du cabinet PVM, qui marque cependant une nuance par rapport aux nouvelles données relatives aux incidents enregistrés après l’utilisation du vaccin fabriqué par le laboratoire anglo-suédois Astra Zeneca.
D’après d’autres observateurs du marché, il faut attendre la réaction des investisseurs par rapport aux données sur les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis, qui devaient être publiées hier tard dans la journée.
Mardi, 16 mars, la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux Etats-Unis, l’American Petroleum Institute (API) a indiqué que ceux-ci avaient baissé de 1 million de barils dans le pays la semaine passée. Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, les stocks pour la semaine passée sont attendus en hausse de 2,7 millions de barils. Ces données sont d’autant plus attendues cette semaine qu’elles avaient été marquées mercredi de la semaine dernière par une hausse importante, de l’ordre de 13,8 millions de barils, après avoir grimpé de 21,6 millions de barils la semaine précédente. Des variations impressionnantes dues en grande partie à la vague de froid polaire qui s’est abattue mi-février sur une grande partie du territoire américain, notamment au Texas, le poumon énergétique des États-Unis. <