L’Arabie saoudite a décidé d’augmenter à nouveau les prix de son pétrole. Le premier exportateur mondial de brut en a fait l’annonce, en précisant que l’augmentation touchera l‘ensemble des régions qu’il alimente en or noir, dont notamment l’Asie, alors que les Etats-Unis sont exemptés de cette mesure. Une exemption qui pourrait avoir un lien avec la visite que doit effectuer à Ryad le Président américain, Joe Biden, durant le mois en cours dans le cadre d’une tournée dans le Golfe.

Par Feriel Nourine
C’est en tous les cas en prévision de cette même visite que le géant saoudien a usé de son poids, jeudi dernier, pour pousser l’Opep+ à ouvrir un peu plus ses vannes et à augmenter son supplément mensuel à 648 000 barils par jour. Tournant autour des 400 000 barils par jour (bpj) depuis le mois d’août 2021, le supplément injecté mensuellement à l’offre l’Opep+ passera à 648 000 bpj en juillet. Cette hausse, non prévue, a été décidée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires lors de la réunion de l’alliance, jeudi. La décision saoudienne de relever les prix de son pétrole, à savoir l’Arabian Light, a provoqué une nouvelle hausse des prix sur les marchés hier, au premier jour de la semaine. Ce sont les acheteurs asiatiques qui ont le plus subi cette décision, en étant obligés de payer le baril de l’Arabian Light à 2,10 dollars de plus. La référence de brut saoudienne sera également plus chère pour le marché européen. L’Arabie saoudite a augmenté le prix de cette qualité similaire à l’Oural russe de 2,20 dollars pour les acheteurs européens, à 4,30 dollars le baril par rapport au Brent de la mer du Nord. La référence européenne a de nouveau dépassé les 120 dollars le baril durant la journée d’hier, alors que l’américain WTI s’est hissé au-dessus des 119 dollars. La démarche saoudienne n’est pas la bienvenue chez ses clients. Et les analystes du marché constatent que «quelques jours à peine après avoir ouvert les vannes un peu plus largement, l’Arabie saoudite n’a pas perdu de temps pour relever son prix de vente officiel pour l’Asie, son principal marché… ce qui a eu des répercussions à l’ouverture des marchés à terme sur l’ensemble du marché pétrolier», ont souligné ces derniers. Les pays asiatiques se trouvent pénalisés par le rehaussement du prix de l’Arabian Light qui s’est effectué dans une conjoncture qui voit la demande en brut repartir à la hausse dans ce continent. Si cette hausse continue sur la même trajectoire, les prix pourraient bondir encore plus sur les marchés internationaux, avaient noté, en outre, les analystes, n’excluant pas le retour des prix au niveau atteint en mars dernier, soit 139 dollars le baril. «Si la demande chinoise revient en force après les lockdowns et que la Russie continue de voir sa production baisser, alors un nouveau test du sommet de 139 dollars vu plus tôt dans l’année n’est pas hors du domaine du possible». Ce qui constitue visiblement une autre aubaine pour Ryad afin de soigner ses revenus issus de ses exportations pétrolières. Grâce à l’essor du secteur pétrolier, l’Arabie saoudite a enregistré son taux de croissance le plus important en dix ans, avec une hausse de 9,6% au premier trimestre 2022 par rapport à la même période l’an dernier. Le secteur pétrolier dans ce pays a affiché une hausse de 20,4% au premier trimestre comparé au premier trimestre 2021, tandis que les activités non pétrolières ont progressé de 3,7%, a précisé l’Autorité statistique saoudienne dans ses premières estimations publiées début mai. <