Le marché pétrolier pourrait bien rester «calme» l’an prochain en dépit des nombreuses tensions géopolitiques, grâce à une offre abondante provenant de pays comme les Etats-Unis ou le Brésil, estime vendredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE). «Le calme est soutenu par un marché bien approvisionné et des stocks élevés. Cette situation peut se maintenir en 2020 parce que les pays non-Opep vont augmenter leur production de 2,3 millions de barils par jour», remarque l’agence basée à Paris dans son rapport mensuel sur le pétrole. En dépit des efforts de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés comme la Russie pour limiter leur production, d’autres nations vont continuer à pomper toujours plus l’an prochain: les Etats-Unis surtout mais aussi le Brésil, la Norvège et un nouveau petit pays producteur où se multiplient les découvertes, le Guyana, prévoit l’AIE. Elle avait déjà relevé ce paradoxe cette semaine: le marché fait actuellement preuve de stabilité malgré des tensions géopolitiques multiples. «Les cours ont tourné autour de 60 dollars (le baril) en moyenne au cours de la quasi-totalité de l’année, restant plus ou moins stables», avait observé mercredi son directeur exécutif Fatih Birol, tout en listant les nombreux facteurs d’instabilité: chute des exportations iraniennes, effondrement du Venezuela, attaques en Arabie saoudite, troubles en Irak… Son estimation de la croissance de la demande mondiale de brut reste par ailleurs inchangée à 1 million de barils par jour (mbj) supplémentaires cette année et 1,2 mbj en 2020. Les prévisions pour l’an prochain se fondent en partie sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI), qui attend une croissance économique mondiale de 3,4%. «Toutefois la santé de l’économie mondiale demeure incertaine en dépit des récentes nouvelles positives sur le conflit commercial Etats-Unis – Chine», note l’AIE.