L’agence revoit, cependant, à la baisse sa prévision de la demande durant le 1er trimestre 2021
Dans son rapport mensuel, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que le marché pétrolier devrait rebondir cette année grâce aux vaccins et l’espoir d’un recul significatif de la pandémie mais elle a, toutefois, revu à la baisse sa prévision de la relance de la demande.
Selon l’AIE, «le déploiement mondial du vaccin place les fondamentaux sur une trajectoire plus solide pour l’année, avec l’offre comme la demande repassant en mode croissance après l’effondrement sans précédent de 2020».
L’agence revoit toutefois à la baisse sa prévision de la demande de 0,6 million de barils par jour (mb/j) pour le premier trimestre 2021 et de quelque 0,3 mb/j pour l’ensemble de l’année. «Il faudra plus de temps pour que la demande pétrolière se reprenne pleinement car les nouveaux confinements dans un certain nombre de pays pèsent sur les ventes de carburants», note-t-elle dans son rapport ventilé hier par les agences de presse.
La demande mondiale est maintenant attendue en rebond de 5,5 millions de barils/jour en 2021 à 96,6 millions de barils/j après une chute de 8,8 mb/j l’an dernier. En ce qui concerne l’offre, la discipline des pays de l’Opep+ à ne pas emballer le marché par une production trop importante et trop rapide assure un équilibre appuyé par la décision de l’Arabie saoudite de s’imposer une coupe significative d’un million de barils/jour. Le volume retiré volontairement du marché depuis le printemps 2020 par l’Opep+, pour éviter un effondrement des cours, passera de 7,2 millions de barils par jour en janvier à 7,125 mb/j en février puis 7,05 mb/j en mars
«La demande plus élevée va permettre à l’offre de commencer à augmenter cette année», remarque l’AIE, qui prévoit une production mondiale en hausse de 1,2 million de barils/jour en 2021 après une baisse record de 6,6 mb/j l’an dernier. «Beaucoup plus de pétrole sera probablement nécessaire, compte tenu de notre prévision d’une amélioration substantielle de la demande au deuxième semestre», note-t-elle.
L’agence estime que des cours plus élevés pourraient inciter l’industrie du pétrole de schiste américain à augmenter sa production mais que les entreprises semblent pour l’instant vouloir maintenir leurs niveaux actuels, donnant la priorité au remboursement de leur dette ou aux retours aux investisseurs. «Si elles se conforment à ces plans, l’Opep+ pourrait commencer à récupérer les parts de marché qu’elle a perdues régulièrement au bénéfice des Etats-Unis et d’autres depuis 2016», prévoit l’AIE.
Cela devrait se produire à la reprise notamment de l’activité économique des grands pays consommateurs comme la Chine qui commence à restocker du pétrole, signe de reprise industrielle, ainsi qu’au redémarrage du transport aérien mondial.