La production de pétrole de l’Opep a augmenté d’environ 1 million de barils par jour (bpj) en août, soit la même que celle réalisée en juillet, a révélé une enquête de Reuters. Ce qui signifie que l’organisation pompe actuellement près de 2 millions de b/j de plus que le chiffre de juin, qui était le plus bas depuis 1991.

Cette hausse fait suite à l’assouplissement des restrictions opérées par le cartel et ses partenaires. Le mois dernier, les pays du cartel, liés par l’accord de réduction, ont fourni 99% de la réduction promise, selon l’enquête. La conformité en juillet a été révisée à 95%. L’augmentation d’août est similaire à celle observée en juillet et signifie que l’Opep pompe maintenant près de 2 millions de b/j de plus que le chiffre de juin, qui était le plus bas depuis.
Entamées en mai sur la base de 9,7 millions de barils par jour, les réductions massives de l’Opep+ sont, en effet, passées à 7,7 millions mbj à partir du 1er août et jusqu’au 31 décembre prochain, alors qu’elles descendront à 5,8 mbj entre janvier 2021 et avril 2022. L’accord conclu par l’alliance prévoit, cependant, des rencontres entre les pays engagés dans cette démarche pour décider d’éventuels redéploiements en fonction de l’évolution du marché face à une situation mondiale toujours marquée par la pandémie de la Covid-19. Ce qui fait dire à un délégué de l’Opep qu’aujourd’hui, «nous sommes sur de meilleures bases, mais une reprise complète n’est pas encore là». «Nous devons continuer à surveiller de très près le marché et la situation du coronavirus», a-t-il ajouté
La plus forte augmentation de l’offre en août est venue d’Arabie saoudite, qui a pompé 9 millions de b/ j, en hausse de 600 000 b/ j par rapport à juillet et proche de son nouveau quota, selon l’enquête.
Suivent les Emirats arabes unis, qui ont pompé plus que leur quota après que le temps chaud et les vacances à la maison aient stimulé la demande locale. Le Koweït a également augmenté sa production, restant conforme à son nouvel objectif. L’Irak et le Nigeria, à la traîne les mois précédents de l’accord Opep+, ont tous deux réduit leur production, selon l’enquête, l’Irak ayant atteint son niveau de conformité le plus élevé ces dernières années. La réduction de l’Irak, cependant, était inférieure au volume promis et le Nigeria, tout en augmentant considérablement la conformité, reste en deçà du niveau de 100% selon l’enquête.
L’approvisionnement iranien, vénézuélien et libyen a peu changé. Tous les trois sont exemptés des réductions volontaires en raison des sanctions américaines ou de problèmes internes limitant la production. La production libyenne pourrait commencer à augmenter si des propositions visant à lever un blocus pétrolier de plusieurs mois sont adoptées. Cette référence évoluait à proximité de ce niveau hier, s’échangeant à 45,69 dollars en fin de matinée à Londres, en hausse de 0,24% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain de WTI pour octobre prenait 0,30% à 42,89 dollars. Cependant, les cours aurait dû évoluer encore plus haut, estiment de nombreux analystes qui constatent leur stagnation depuis plusieurs semaines
Mais «l’Opep et ses alliés (l’Opep+) semblent toujours avoir le niveau d’offre sous contrôle et, avec leur baisse de production, s’assurent que le marché soit légèrement sous-approvisionné», expliquent-ils.
A noter qu’hier, et comme chaque semaine, les investisseurs étaient dans l’attente des données sur l’état des stocks aux Etats-Unis. Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, les réserves américaines de brut pour la semaine achevée le 28 août étaient attendues en baisse de 2 millions de barils, soit la cinquième semaine de baisse consécutive. n