La production pétrolière de l’Algérie atteindra 1,057 barils par jour (bpj) en septembre, soit 2000 bpj de plus par rapport à août.

Par Feriel Nourine
Une offre algérienne qui se maintient dans une tendance haussière à la faveur des suppléments injectés dans le marché par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans le cadre du programme de production de l’alliance Opep+.
Il a fallu attendre le second trimestre de l’année en cours pour voir la production d’or noir de l’Algérie franchir le cap du million de bj, alors qu’il était toujours sous cette barre (948 000 bpj) durant le semestre précédent.
Et encore plus bas en 2021, selon les chiffres contenus dans le dernier rapport de l’Opep. Lesquels indiquent que l’Algérie produisait 911 000 bpj en moyenne l’année dernière, alors qu’en 2020, cette offre n’avait pu atteindre les 900 000 bpj, soit tout juste 899 000 bpj, ajoute la même source, attribuant ces performances mitigées au manque d’investissement dans l’amont pétrolier et gazier, ainsi qu’à l’impact de l’accord conclu par l’Opep+ en avril 2021, portant sur une forte réduction de la production pour faire face à l’effondrement des prix du brut engendré par la pandémie de covid-19.
L’Opep a par ailleurs estimé à 1,016 mbj l’offre algérienne à l’entame du second trimestre 2022. Celle-ci a continué à progresser pour atteindre 1,027 mbj en juin, puis 1,040 mbj en juillet, soit une augmentation de 1 300 bpj sur les deux mois, selon l’organisation.
De son côté, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, avait annoncé une nouvelle hausse de la production algérienne de brut pour août, puis pour septembre. S’exprimant en marge de l’avant dernière réunion ministérielle de l’Opep, qui s’était soldée par une hausse de la production de 648 000 bpj, M. Arkab avait indiqué que l’Algérie produira 1,055 bpj en août.
Il y a moins de deux semaines, au terme de la 31e réunion de l’alliance, le premier responsable du secteur avait annoncé que cette production passera à 1,057 bpj le mois prochain.
L’Algérie et l’Angola sont les deux seuls pays africains dont la production bénéficie d’un réajustement à la hausse, contrairement à d’autres pays producteurs du continent qui ont connu une tendance baissière, à savoir le Nigeria, le Congo, la guinée équatoriale, le Gabon et la Libye.
Au classement des producteurs africains, l’Algérie est classée troisième en termes de volumes produits, derrière l’Angola, avec 1,180 bpj, et la Nigéria, avec 1,084 bpj.
En plus d’une production portée vers le haut, l’Algérie est train de tirer profit de prix en hausse qui lui permettent d’améliorer nettement ses recettes d’hydrocarbures, portées par l’envolée des prix du gaz.
En dépit du recul des cours enregistré ces dernières semaines, sous l’effet des craintes de recessions et d’autres facteurs qui perturbent le marché, les prix du pétrole conservent plus de 20% de leurs gains acquis en mars derniers, lorsque les cours avaient culminé à hauteur des 130 dollars.
Mieux encore, les exportations de Sonatrach peuvent compter sur la qualité de la référence de brut algérienne, en l’occurrence le Sahara Blend, dont la valeur n’a cessé de se bonifier ces derniers mois, enregistrant des records qui lui permettent d’être classé par les bruts les plus chers en 2022. Entre janvier et mai, la percée a atteint un taux de 68% par rapport à la même période de 2021.
Grâce à ce lot de données favorables, Sonatrach s’attend à des recettes d’exportations nettement en hausse pour 2022. La compagnie nationale d’hydrocarbures table sur 50 milliards de dollars pour l’année en cours, contre 35,4 milliards de dollars en 2021, année qui avait déjà enregistré une hausse de 75% par rapport à un exercice 2020 pénible pour Sonatrach, et pour l’ensemble des producteurs, après la forte chute des cours causée par la pandémie de Covid-19.
Ces chiffres ont été avancés, il y a quelques semaines, par le PDG du groupe énergétique national, Toufik Hekkar, lors de la présentation des principaux projets de Sonatrach réalisés durant la période allant de 2020 à 2022, devant le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune qui effectuait une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Oran.
M. Hekkar a, par ailleurs, affirmé que 35 nouvelles découvertes d’hydrocarbures avaient été enregistrées durant la période allant de 2020 à 2022, dont 34 découvertes en effort propre, d’un volume global de 307 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP). S’agissant des projets d’investissement, le même responsable a fait savoir que plus de 7 milliards de dollars avaient été investis dans nombre de projets en cours de réalisation, lesquels contribueront à la production de 20 millions de TEP/an, en sus de 5 milliards de dollars investis dans des projets entrés en vigueur depuis 2020, contribuant à la production de 10 millions de TEP/an.
Sur ce registre précis, Sonatrach ne compte pas s’arrêter à ces enveloppes financières. Bien au contraire, la compagnie met encore la barre plus haut en matière d’investissements, dans l’objectif d’améliorer davantage sa position sur le marché international. Son plan pour la période 2022-2026 comporte près de 40 milliards de dollars dont 8 milliards de dollars en 2022, avait annoncé son PDG en janvier dernier, ajoutant que la plus grande part de ces investissements sera orientée vers l’exploration et la production afin de préserver les capacités productives nationales. Des capacités qui ne cessent de se renforcer grâce à la série des nouvelles découvertes réalisées ces derniers mois et les contrats de partenariat signés entre Sonatrach et des compagnies internationales dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui offre des avantages certains aux investisseurs étrangers. <