Les prix du pétrole sont stables au-dessus de 50 dollars depuis la signature de l’Accord d’Alger en septembre de l’année dernière, mais le marché reste nerveux et il faut maintenir l’effort. Chose que l’Algérie et le Venezuela, toute deux membres du comité de monitoring, tentent de faire en suivant l’application de l’accord.

La ministre vénézuélienne des Relations extérieures, Delcy Eloina Rodriguez Gomez et celui du Pétrole et des Mines, Nelson Martinez, seront aujourd’hui à Alger pour une visite de travail, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Et de préciser que l’objet de la visite porte sur «la concertation traditionnelle entre les deux pays amis, face à l’instabilité du marché pétrolier». Il s’agit de la poursuite du dialogue autour de la consolidation de la coordination entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ayant débouché sur l’Accord d’Alger du 28 septembre 2016.
En effet, les prix du pétrole ont augmenté hier en cours d’échanges européens et américains et ce, à cause des données publiées par l’Agence Internationale de l’Energie, laquelle estime que les pays qui se sont engagés à limiter leur production tiennent parole.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 56,18 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 55 cents par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude», gagnait 43 cents à 53,43 dollars pour les contrats de mars. Il faudra donc entretenir cette dynamique pour éviter un retournement de la situation qui serait fatal, notamment pour l’Algérie et le Venezuela qui tirent l’essentiel de leurs recettes en devises des exportations des hydrocarbures et qui font face à de grandes difficultés socioéconomiques.
En tout cas, rien ne contrarie jusque-là l’équilibre souhaité par les pays producteurs. Les producteurs américains des schistes sont maintenus pour le moment hors-jeu. Et à moins d’une forte appréciation du dollar qui a déjà beaucoup gagné au change ces derniers temps et donc le raffermissement de son pouvoir d’achat, rien n’augure d’un retour en activité des plateformes de production des schistes arrêtées dans la foulée de la chute des prix.
«Le cynisme avec lequel certains investisseurs avaient accueilli les annonces de baisse de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole aura été une erreur», a estimé Joshua Mahony, analyste chez IG. Et d’ajouter : «Le dernier rapport de l’AIE montre que les baisses de production de Opep atteignent des niveaux quasiment sans précédent, et que la demande de brut grimpe avec une activité industrielle mondiale soutenue». Il convient enfin de rappeler que les pays de l’Opep avaient convenu fin novembre 2016 à Alger de réduire leur production de 1,2 mbj applicable à partir du 1er janvier 2017 et pour six mois renouvelables, avant d’être joints par des pays producteurs non membres de l’organisation comme la Russie, lesquels ont décidé d’une réduction de 558 000 b/j, afin d’aider à l’effort visant à permettre au marché de retrouver son équilibre.
L’Algérie et le Venezuela étant membres du Comité de surveillance de ces accords – il est présidé par le Koweït et compte la Russie et Oman parmi les pays non-Opep –, tentent ainsi à les consolider et à prévenir tout retournement de la situation.