Par Bouzid Chalabi
Le ralentissement économique mondial, avec comme corollaire une baisse de la demande de pétrole, et l’augmentation progressive de la production mondiale de pétrole brut, deux facteurs qui ont eu un impact négatif sur le marché pétrolier durant ces dernières heures. Ce fléchissement pourrait se poursuivre en raison d’un retour probable de la production iranienne sur le marché pétrolier, mais tout dépendra des «propositions finales» de la diplomatie iranienne sur le dossier nucléaire et d’une demande chinoise en repli par l’effet de son économie en berne.
Hier lundi à l’ouverture du marché de l’or noir, le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait 5,27%, à 87,24 dollars. Un repli dû à un marché restant focalisé sur les négociations autour de l’accord sur le nucléaire iranien, qui pourrait conduire à la fin des sanctions, selon le ministre iranien Hossein Amir-Abdollahian, membre clef de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ce dernier annonçant que son pays fera part lundi (hier) de ses «propositions finales» sur le dossier nucléaire, après que les Etats-Unis aient accepté deux des exigences iraniennes. «Si nos propositions sont acceptées, nous sommes prêts à conclure (les discussions) et à annoncer l’accord lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères», a-t-il ajouté. Tant qu’un accord n’est pas signé, il ne faut rien prendre pour acquis, préviennent de leur côté des analystes, qui prévoient cependant que la pression sur les prix du pétrole s’intensifie en cas de succès des négociations.
Autre facteur, les prix souffraient également de données décevantes en Chine. En effet, le mois dernier, les ventes de détail et la production industrielle ont connu un ralentissement inattendu, en raison d’un rebond de Covid-19 et d’une crise dans l’immobilier qui ont lourdement pénalisé l’activité. On retiendra également que l’excès de faiblesse de l’économie chinoise «pèse sur le pétrole, et il y a peu de chances d’un rebond à court terme», analyse-t-on.
Rappelons qu’après s’être envolés en début d’année, alors que la demande reprenait avec la fin des confinements et le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cours ont cédé plus de 20% en deux mois et demi. Cependant, selon l’AIE, l’EIA et l’Opep, la balance pétrolière mondiale (différence entre l’offre et la demande) devrait rester positive en 2022 et se resserrer à partir du second semestre 2023.