Les cours du pétrole s’échangeaient hier à la hausse sur les marchés américain et européen. En fin de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 41,51 dollars à Londres, en hausse de 2,42% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain du West Texas Intermediate (WTI) pour octobre gagnait de son côté 2,61% à 39,28 dollars.
La hausse de ces deux cours de référence, expliquent les analystes du marché, est liée aux perturbations climatiques dans le Golfe du Mexique et leurs conséquences sur les installations pétrolières de cette région riche en brut. Avant le passage de l’ouragan Sally, qui s’est renforcé hier mercredi à l’approche des côtes du Sud-Est des Etats-Unis, certaines de ses installations vont cesser leurs activités comme cela s’est produit il y a deux semaines après le passage de Laura, un des plus violents ouragans à avoir jamais frappé la région selon les services météorologiques US.
Avec des vents soufflant jusqu’à 160 km/h, 27% des capacités de production d’or noir de la zone étaient à l’arrêt selon les experts. Autre raison de la hausse des cours, selon plusieurs analystes, le recul des stocks de brut aux États-Unis la semaine passée, une baisse publiée avant-hier mardi par l’American Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier, mais corrigée par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA).
Selon l’EIA, qui a publié ses chiffres tard dans la journée de mardi, ces stocks sont en hausse de 2,07 millions de barils, donnant davantage de crédit à la thèse selon laquelle la demande à venir en pétrole reste déprimée comme l’a signalé le rapport mensuel de l’Opep, lundi 14 septembre. L’Organisation a déclaré qu’elle prévoyait une baisse de la demande mondiale de pétrole de 9,46 millions de barils/jour cette année, plus que la baisse de 9,06 millions de barils/jour attendue il y a un mois.
La tenue aujourd’hui jeudi d’une nouvelle réunion des ministres de l’Organisation avec leurs partenaires de l’OPEP+ ne devrait donc pas bousculer le calendrier actuel des coupes de production sur lesquelles ils se sont entendus avec succès. Selon Reuters, hier, le respect des réductions de production de pétrole en août parmi les membres de l’OPEP + a été estimé à environ 101%. La réunion d’aujourd’hui devrait donc prolonger selon la même source «la période d’indemnisation pour des pays comme l’Iraq et le Nigéria pour leur surproduction passée».
Cette réunion intervient alors que l’OPEP a célébré lundi 14 septembre son 60e anniversaire avec l’affirmation du ministre algérien de l’Energie, Abdelmadjid Attar, que l’Organisation reste «influente» sur la scène multilatérale et qu’elle est capable d’agir, avec ses partenaires de l’Opep élargie, pour éviter le chaos et ramener une «stabilité bien indispensable» au marché.