Les prix du pétrole poursuivent leur baisse en raison d’un niveau de la demande miné par la pandémie du nouveau coronavirus qui continue d’inquiéter les investisseurs dans le secteur. Ainsi, hier vendredi, les cours de l’or noir perdaient légèrement du terrain.

C’était effectivement le cas pour le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre qui valait 39,80 dollars à Londres, en baisse de 0,65% par rapport à la clôture de jeudi. Tout comme à New York, où le baril américain de WTI pour octobre cédait 0,51% à 37,16 dollars.
Jeudi, les deux barils ont respectivement perdu 1,8% et 2% et sur l’ensemble de la semaine, les cours ont perdu près de 7%, après avoir notamment plongé mardi. Les prix « restent sous pression car le déséquilibre offre-demande devient de plus en plus évident », avait commenté Richard Hunter, analyste pour Interactive Investor. Les craintes concernant une demande anémique, alors que la pandémie de la Covid-19 continue de perturber l’activité dans le monde entier, dominent toujours l’actualité du pétrole, d’autant que les cas de coronavirus accélèrent dans de nombreux pays et notamment en Europe. Jeudi, les prix ont en outre souffert des dernières données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), qui a fait état d’une hausse hebdomadaire de deux millions de barils des stocks de brut aux Etats-Unis, surprenant les analystes qui s’attendaient à une baisse. Selon Tamas Varga, analyste pour PVM, les prix ont également été fragilisés par le Koweït. « L’allié des Saoudiens est le dernier producteur de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à avoir abaissé officiellement ses prix de ventes d’octobre pour l’Asie », a-t-il détaillé.
En somme et comme s’accordent à le dire de nombreux secteurs pétroliers, « le contexte actuel est caractérisé par un prix du pétrole historiquement bas, estimé autour de 40 $/b en moyenne pour les cotations de 2020, ce qui ne s’est jamais produit depuis 2008 ». Soulignant en outre qu’en termes de croissance économique au niveau mondial, les données sont spectaculaires, caractérisées par une baisse de richesse estimée à 7 000 G$ en 2020 (9% du PIB) et à 6 000 G$ (7 % du PIB) en 2021. « Mais rien n’est établi avec évidence dans un contexte d’incertitude sur l’évolution de la pandémie. C’est sur ces bases qu’il convient de tenter d’imaginer le « monde d’après pour le secteur pétrolier », jugent des experts. n