Après l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), c’est au tour de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de tabler sur une hausse conséquente de la demande mondiale de pétrole en 2022.

Par Feriel Nourine
Celle-ci pourra compter sur une croissance de 3,2 millions de barils par jour, anticipe l’AIE dans son rapport mensuel publié hier.
Pour sa part, l’Opep prévoit une croissance plus forte. Celle-ci atteindrait 2,4 mbj et porterait ainsi la demande à des niveaux plus hauts que ceux atteints avant l’arrivée de la pandémie, a-t-elle mentionné dans son rapport publié vendredi, chiffrant ces niveaux à 100,83 mb/j.
A l’instar du cartel, l’AIE justifie ses prévisions optimistes par l’amélioration de la situation sanitaire dans le monde, à travers un recul de la pandémie qui serait, selon elle, en train d’ouvrir la voie à une remontée de la demande dès le mois prochain, après s’être contractée entre juillet et août, alors que le mois de juin avait, à l’inverse, enregistré un rebond conséquent en la matière.
«Des signes émergent déjà sur une baisse des cas de Covid et la demande devrait rebondir fortement de 1,6 million de barils (mb/j) par jour en octobre et continuer à croître jusqu’à la fin de l’année », écrit l’AIE dans son rapport. Pour le trimestre de recul, elle avance une moyenne de 310 000 b/j. La tendance haussière attendue à partir d’octobre jusqu’à la fin 2021 se poursuivra l’année prochaine avec des prévisions de 3,2 mbj. Cependant, «la demande pétrolière mondiale reste sous pression du virulent variant Delta de la Covid-19 dans des régions consommatrices clefs, particulièrement en Asie », souligne l’agence américaine basée à Paris. Laquelle estime que «le marché devrait se rapprocher de l’équilibre à partir d’octobre si l’Opep+ continue d’abandonner ses restrictions de production ». «Mais même dans ce cas, ce n’est qu’au début de 2022 que l’offre sera suffisante pour permettre aux stocks d’être reconstitués », précise-t-elle.
Pour sa part l’Opep+ a décidé, début septembre, de maintenir inchangée l’augmentation qu’elle avait décidée le 18 juillet dernier, à savoir 400 000 bpj d’août à décembre. L’alliance a prévu, néanmoins, une réunion pour le 4 octobre, durant laquelle ses membres évalueront la situation du marché. Celui-ci enregistre des prix que les analystes considèrent «satisfaisants » aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs.
Dans une tendance haussière, les cours de l’or noir montaient encore hier, affichant leurs plus hauts niveaux depuis un mois.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 74,11 dollars en matinée, en hausse de 0,82% par rapport à la clôture de la veille. A New York, le baril américain de WTI pour octobre prenait de son côté 0,75% à 70,98 dollars. Plus tôt dans la séance, la référence européenne était montée jusqu’à 74,23 dollars, contre 71,14 dollars pour la référence américaine, des sommets depuis début août.
Une situation qui plaide actuellement pour le maintien des rajouts dégagés jusqu’à la fin de l’année. Elle plaide aussi pour la fin du programme de réduction de l’Opep+ en 2022, comme convenu par l’alliance. Ceci d’autant que, pour l’année prochaine, c’est l’Opep qui anticipe sur une forte croissance qui hissera la demande au-dessus de ce qu’elle était avant la pandémie. Un scénario qui devrait donc reconduire l’Organisation et ses partenaires à leur production d’avant leur accord du 12 avril portant sur une réduction massive, puis une réouverture progressive des vannes à travers un plan d’assouplissement toujours en cours. <