Les prix du pétrole reculaient hier en cours d’échanges européens, mais à cause du dollar, monnaie dans laquelle sont libellés les échanges, il s’est quelque peu raffermi.

Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 69,32 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 94 cents par rapport à la clôture de lundi, alors que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de février cédait 43 cents à 63,87 dollars. Mais les prix du brut continuent de profiter, et donc de réagir à des fondamentaux du marché solide, avec une croissance de la demande soutenue et un respect de l’accord de l’Opep qui réduit les réserves mondiales et fait grimper les prix à court terme. Au point que le Brent avait atteint lundi après la clôture européenne 70,37 dollars et le WTI 64,89 dollars, du jamais-vu depuis exactement décembre 2014. Mais face à la hausse des prix, de plus en plus d’acteurs du marché s’inquiètent d’un possible rebond de la production, notamment aux Etats-Unis, dont les producteurs veulent, eux aussi, tirer profit des prix élevés. Toutefois, les marchés manquent encore de données car elles ne seront publiées qu’en fin de semaine : le rapport hebdomadaire du Département américain de l’Energie sur les stocks des Etats-Unis, retardé d’un jour à jeudi, le même jour que le rapport mensuel de l’Opep, et le lendemain le rapport pour janvier de l’Agence internationale de l’Energie. Actuellement, seul paramètre pris en compte par les places de marché sans grand impact pour l’instant, c’est le démenti des Russes de se retirer de l’accord de réduction Opep – non Opep. A ce titre, le ministre russe de l’Energie Alexander Novak a déclaré hier que « notre objectif, avant tout, est d’obtenir l’équilibre entre l’offre et la demande. Les prix ne constituent pas pour nous l’élément le plus important ». Jusqu’à maintenant, les plus gros quotas de réduction appartiennent à l’Arabie saoudite (486.000 barils/jour) et à la Russie (300.000 barils/jour). La Russie a atteint son quota en mai 2017 et l’a maintenu depuis. L’accord, initialement entré en vigueur au premier semestre 2017, a déjà été prorogé deux fois : jusqu’à la fin mars 2018 et, plus récemment, jusqu’à la fin de 2018. L’objectif est de supprimer l’excédent des réserves mondiales qui, au début de 2017, avait dépassé de 380 millions de barils la norme de cinq ans.
En octobre, les excédents étaient réduits à 150 millions de barils. « Nous constatons à présent que la stabilisation du marché est en train de s’effectuer. Nous constatons également une réduction du surplus de la production, mais la stabilisation du marché n’est pas encore totale. Nous devons continuer à surveiller la situation afin d’atteindre l’objectif ultime à savoir équilibrer le marché », a-t-il encore affirmé.