La croissance de l’aval pétrolier en Afrique devrait être tirée essentiellement par l’Algérie et le Nigeria dans les années à venir. Selon un rapport publié par GlobalData, la capacité totale de raffinage en Afrique devrait passer à 5,7 millions barils jours (mbj) en 2024, portée par quelques pays du continent, dont l’Algérie.

«La capacité totale de raffinage de l’Afrique est passée de 3,498 mb/j en 2014 à 3,712 mbj en 2019. Elle devrait passer à 5,766 mbj en 2024», précise la compagnie britannique d’analyse des performances de l’économie mondiale (GlobalData). Le rapport souligne que le Nigéria, l’Algérie, l’Egypte, l’Afrique du Sud, et la Libye sont les principaux pays d’Afrique possédant des capacités du raffinage. Ces pays représentent plus de 78,3% de la capacité totale de raffinage de la région en 2019, lit-on dans le même rapport qui soutient que l’essentiel de l’activité du raffinage sera assuré par le Nigeria et l’Algérie, alors que l’Egypte, l’Afrique du Sud et la Libye arrivent loin derrière avec des capacités de moindre importance. L’Algérie devrait atteindre une capacité de raffinage de 400.000 barils par jour en 2024, devancée loin devant par le Nigeria qui devrait disposer d’une capacité de près de 1,5 million de barils par jour à la même échéance. Les autres concurrents africains arrivent loin derrière avec environ 100.000 barils/jour pour l’Egypte et moins de 100.000 bj pour l’Afrique du Sud et la Libye, lit-on dans le rapport publié par GlobalData. Auditionné, samedi, par la Commission des Finances et du budget de l’Assemblée, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a assuré que le groupe Sonatrach a mis en application un programme visant à améliorer la performance des raffineries afin de hisser les capacités de production et réduire les importations à court terme. La capacité globale de traitement de pétrole brut est actuellement de 25,5 millions tonnes/an. Le secteur des hydrocarbures avait pour objectif de réaliser deux nouvelles raffineries et deux unités d’hydrocraquage du fuel-oil et traitement de naphta excédentaire. Il est question d’un projet d’une nouvelle raffinerie à Hassi Messaoud, d’une capacité de 5 millions tonnes/an, d’une autre raffinerie à Tiaret, dont la capacité prévisionnelle est de 5 millions tonnes/an, alors que les deux autres projets d’hydrocraquage de fuel-oil et de traitement de naphta excédentaire, sis à Skikda, devraient atteindre une capacité de production respectivement de 4,6 et de 4 millions tonnes/an. Ces quatre projets, ajournés semble-t-il pour des raisons inexpliquées, devraient porter la capacité totale de traitement de pétrole brut de 24,62 à 35,565 millions Tonnes/an. En attendant la concrétisation de ces projets, l’Algérie reste dépendante des importations pour la couverture de l’ensemble de ses besoins en produits pétroliers. Preuve en est que durant le premier trimestre de l’année en cours, alors que les importations globales marquaient un repli de 19,52% par rapport à la même période de l’année 2019, une hausse spectaculaire de 181,14% a caractérisé le groupe énergies et lubrifiants. Durant l’année 2019, le groupe énergies et lubrifiants (carburants) avait totalisé des importations de l’ordre de 1,43 milliards de dollars contre 1,07 milliards de dollars en 1018, marquant ainsi une hausse de 33,22%. La raffinerie d’Augusta, acquise par Sonatrach en 2018 auprès d’ExxonMobil semble loin encore de concrétiser les objectifs de réduction des importations de carburants. <