Timidement mais sûrement, les universités de tout le pays accueillent leurs étudiants depuis hier. Après six mois de jachère, les amphis et les salles vont retrouver un semblant d’animation. Ce ne seront pas encore les cours classiques que l’on reprend, mais c’est un petit pas pour une reprise tant redoutée.
Au niveau des autres cycles de l’enseignement, ce sont les profs qui retrouvent des classes encore vacantes, l’intention étant de préparer les examens de BEM et du BAC, le 07 et le 23 septembre, respectivement. C’est dire que les potaches seront de retour progressivement, en compagnie d’un virus avec lequel on doit composer dorénavant.
Après la réouverture des mosquées, plages, cafés et restos, il ne restait plus que les verrous de l’enseignement à faire sauter pour annoncer une rentrée sociale aussi problématique qu’incertaine. Si la létalité de la Covid-19 n’est plus aussi incisive, la contamination est devenue virulente dès la «libération» des confinés, mais, et aussi, avec la multiplication des points de dépistage.
Contraint et forcé, par la conjoncture économique et les activités de loisirs et d’enseignement trop longtemps mises en sourdine, le gouvernement avance prudemment les pions de la reprise en cette dernière semaine d’août. L’explosion des cas de contamination tant appréhendée après l’Aïd El Kebir n’a pas eu lieu. Celle encore plus complexe du retour des mosquées dans le giron du culte et celle des plages, restos et cafés dans la jouissance des plaisirs simples n’a pas encore livré son verdict, alors qu’universités, collèges et lycées s’engagent sur le chemin chaotique d’une reprise crainte par tous.
En tous les cas, les petits signaux envoyés, même subliminaux, par le gouvernement envers une population trop souvent jugée comme irrationnelle, semblent porter leurs fruits. La discipline règne en maitre dans les mosquées et les cafés et restos affichent une clientèle disciplinée. Mais on ne peut pas affirmer la même chose des plages ou nos rivages ont tous placardé un surbooking que l’on n’avait jamais enregistré auparavant. Néanmoins, ces tests grandeur nature ont sans doute encouragé le comité scientifique et le gouvernement Djerad à libérer un peu plus des soupapes qui menaçaient de sauter.
En tout cas, le vin est tiré, il faut maintenant le boire, et pas qu’à moitié. Les tests proposés livrent peu à peu leurs résultats et les défis relevés donneront peut-être des résultats probants à même de permettre aussi une bouffée d’air pur et un réalignement sur les normes économiques d’un espace aérien algérien qui demeure encore inerte, malgré la reprise de pratiquement tous les autres secteurs. Mais, c’est déjà une autre histoire.