Une finale. Mais une petite pour les deux demi-finalistes malheureux de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon), à savoir le Burkina Faso et le Ghana.

À la veille du clou du spectacle de la messe continentale entre l’Egypte et le Cameroun qui ont, respectivement, sorti les deux antagonistes du jour de la course vers le sacre, «Etalons» et «Blacks Stars» s’expliqueront, à Port-Gentil, pour essayer d’oublier…

Jouer avec la désillusion dans les souliers et l’amertume de l’élimination dans la tête. L’inconfort après avoir été si près du toit de l’Afrique et son confort. Les Burkinabés et les Ghanéens vont tenter de minimiser la déception qui était énorme. Pour les deux camps d’ailleurs. D’un côté, il y a eu les « Etalons » qui ont fait un superbe parcours depuis le début de la campagne panafricaine. Ils ont commencé par sortir leaders d’un groupe « A » assez difficile avec la présence du Gabon, pays hôte, ainsi que le «Lions Indomptables» du Cameroun qui joueront pour la couronne demain face aux Egyptiens. Par la suite, ils se sont offert un ticket pour le dernier carré en prenant le meilleur sur les Tunisiens (2-0). La folle aventure a pris fin contre les « Pharaons » en demies après un match de très haute facture réalisé par les camarades du très talentueux Bertrand Traoré véritable révélation de cette CAN même si sa qualité ne faisait, déjà, aucun doute. Mais, comme un symbole, c’est le frère cadet d’Alain qui a manqué le 5e tir au but face à un Essam El-Hadary des grands soirs malgré ses 44 ans. Un brin de chance, c’est ce qui a manqué aux finalistes de l’édition 2013 qui ne joueront pas la seconde finale de leur histoire. A défaut d’or ou d’argent, les poulains de Paulo Duarte joueront pour le bronze. C’est toujours mieux que de rentrer les cous vides à la maison. «On a encore un match à disputer, peut-être le plus difficile, parce que notre objectif, c’était la finale, et maintenant on doit aller se battre pour la troisième place. On va préparer la prochaine rencontre, et après on aura le temps de penser aux éliminatoires de la Coupe du monde. On doit quand même valoriser le fait de ne pas avoir été battu lors de cette CAN», annonce le sélectionner portugais du Burkina Faso. Chez ses protégés, c’est la même détermination qui règne. «Il y a encore un match de classement, il va falloir se donner à fond, même si c’est triste de dire ça», assure l’attaquant Banou Diawara alors que son compère Aristide Bancé, auteur du but égalisateur contre les Egyptiens, reconnait que «ce n’était pas un objectif, mais maintenant il ne reste qu’un match, donc on va se donner à fond. Il faudra oublier cette demi-finale, car on est très déçu de l’avoir perdu». Pour sa part, le latéral droit Steeve Yago parle d’«essayer de digérer la défaite, et voir ce qu’on peut faire lors de ce match pour la troisième place» indiquant que l’équipe «a montré un beau visage durant cette épreuve et on a beaucoup d’atouts offensifs. On reste en confiance pour la prochaine rencontre.»

Les «Black Stars» voulaient la constellation…
Pour le Ghana, c’est le même refrain. La partition parfaite jusqu’aux portes de la finale. Six présences de suite parmi les quatre ultimes prétendants pour la reine africaine puis le sentiment de s’être fait recaler sans trop savoir pourquoi. Et pourtant, les « Black Stars » sont les seuls à toujours assumer le statut de postulant sérieux pour séduire l’auguste dame africaine. Un groupe solidaire qui joue ensemble depuis près de 10 ans, des individualités talentueuses et une tradition bien ancrée dans un tournoi auquel la sélection prenait part pour la 21e fois en 31 séquences. Auparavant, les «Brésiliens de l’Afrique» avaient joué 9 finales pour 4 triomphes. Seule l’Egypte a atteint le dernier stade autant de fois. Et ils ont dû attendre cet opus pour égaler cette performance. Depuis 1982, année de la dernière consécration dans le continent, le Ghana attend d’ajouter une nouvelle étoile sur son maillot. En vain. Trois tentatives avortées (1992, 2010 et 2015) et 5 échecs en demies, le plafond de verre se durcit pour les camarades de Gyan Asamoah qui enchaînent les demies et les désappointements avec ce nouvel «échec». Même si, après chaque rendez-vous biennal, les quadruples champions d’Afrique digèrent bien le bide de l’édition écoulée, ils butent toujours sur le même écueil. Pour eux, il est toujours question de brandir ce trophée tant convoité qui les fuit depuis 35 ans maintenant. Ils devront attendre deux autres années pour tenter de briser cette longue disette. Avant cela, il y a cette troisième place qu’il faudra aller chercher pour que cette participation compte. Toutefois, au sortir de la défaite (2-0) contre les Camerounais, André Ayew, qui prenait part à sa 5e CAN à 27 ans seulement, & cie ne semblaient pas trop avoir la tête à ce match de classement. Comme pour dire qu’ils n’étaient là que pour prendre la coupe et rentrer à la maison. « Sur le papier, le Cameroun n’est pas supérieur au Ghana mais ce soir ils ont mérité leur victoire tout simplement. Il faut savoir dire la vérité, on perd sur un mauvais match», a déclaré le gendre d’Abédi Pelé au micro de Bein Sports avant d’explique qu’«On était très fatigués, on a fait trop de voyages. On va rentrer, corriger nos erreurs sur et en dehors du terrain et nous préparer pour la prochaine CAN». Le sociétaire de West Ham (Premier League anglaise) a échoué deux fois tout près de l’extase footballistique (2010 et 2015) et buté à 3 reprises sur l’écueil de la demi-finale. « Je n’oublierai ce moment terrible que le jour où on la [ndlr : la CAN] gagnera » avait reconnu l’ancien numéro 10 de l’Olympique Marseille en 2015 lorsque la Côte d’Ivoire les a évincés pour se poser sur la plus haute marche. Une autre plaie que la médaille bronzée ne guérira certainement pas mais gageons que cette génération, qui pourra disputer une autre CAN au minimum, n’a pas dit son dernier mot.