L’ancien président du Conseil constitutionnel, Abdelmalek Benhabylès, a rejoint hier sa dernière demeure. Il a été inhumé aux alentours de 14 heures en présence d’une foule peu nombreuse au cimetière de Sidi Naâmane, à Bouzaréah, sur les hauteurs d’Alger.

Ses funérailles, d’affluence presque discrète, quand on connaît le parcours impressionnant de l’homme, ont, cependant, eu lieu en présence de grands officiels du gouvernement. A la prière du Dohr étaient présents le Premier ministre Ahmed Ouyahia, à ses côtés, des membres de son gouvernement, comme le ministre de la Justice et garde des Sceaux Tayeb Louh, et le chef de la diplomatie, Abdelkader Messahel. On a pu apercevoir également la présence du président de l’Assemblée populaire nationale (APN) Mouad Bouchareb, ainsi que le président du Conseil de la nation (Sénat) Abdelkader Bensalah. Parmi les responsables venus lui rendre un dernier hommage, il y avait Tayeb Belaiz, conseiller spécial auprès du chef de l’Etat, et Habba El-Okbi, Secrétaire général de la présidence de la République. Côté personnalités, on a reconnu l’ancien Chef de gouvernement Mouloud Hamrouche, qui a bien connu le défunt quand ils étaient tous les deux aux affaires peu avant janvier 1992 et l’interruption du processus électoral, et d’autres personnalités politiques et des proches du défunt.
Au cimetière, il était difficile d’avoir des témoignages auprès des personnalités venues à l’enterrement de feu
M. Benhabylès. Sollicité par les médias présents, Abdelkader Messahel a, cependant, accepté de dire quelques mots sur le parcours du défunt. Notamment sur son parcours de « grand diplomate en poste au Vatican, en Suisse, en Tunisie et au Japon et en tant qu’initiateur de l’Association d’amitié algéro-japonaise ». L’ancien président du Conseil constitutionnel, son dernier poste de 1989 à 1995, a également occupé le poste de Secrétaire général des Affaires étrangères aux premières années de l’Indépendance, a rappelé M. Messahel. Pour le moudjahid et ancien ambassadeur Mohamed Khelladi, «Abdelmalek Benhabylès était un homme de grande culture et de grande vision. Il incarnait la profondeur d’esprit et la sagesse au point qu’on l’a surnommé Socrate ». Dans un message de condoléances adressé à la famille du défunt, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a loué le riche parcours du regretté et sa longue expérience de militantisme durant la Révolution, ses qualités humaines et son abnégation au service du pays. Sa disparition a également fait réagir le milieu politique et parlementaire. Mohamed Bouabdellah, président du groupe parlementaire du FLN, dira de feu Benhabylès que «c’était un intellectuel qui a servi son pays lors de la crise politique qui a sévit dans le pays en 1992 et la démission de l’ex-président Chadli Bendjedid.
Son attitude a été digne même si beaucoup n’a pas encore été dit sur cette séquence de l’histoire de notre pays. Ce n’était certainement pas un politique, mais il a été un grand commis de l’Etat qui s’est effacé au nom de l’intérêt national et de l’Algérie».
Nouara Djaâfar, sénatrice et ex-ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, se souvient d’une personnalité «au savoir encyclopédique» qui a «laissé son empreinte» dans l’histoire du jeune Etat algérien. Il était connu pour ses «capacités intellectuelles» et son «souci des responsabilités au service de l’Etat».
Aux yeux de Farouk Ksentini, avocat et ex-président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme, Abdelmalek Benhabylès était « un grand intellectuel » au service de l’Etat. «Ce n’était pas un homme d’action, mais de pensée», «un diplomate d’une grande finesse». Pour ce qui est des évènements qu’il a vécus durant la crise politique de 1992, Maître Ksentini affirme être «sûr qu’il a écrit quelque chose dessus d’autant que l’écriture était sa passion. Je pense qu’il a laissé quelque chose pour après sa mort et ne pas heurter qui que ce soit». A voir, donc.n