Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute de 5,2% du Produit intérieur brut algérien en 2020, soit un peu plus que les prévisions pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (3,3%) ainsi que les prévisions pour l’économie mondiale, dont le déclin du PIB est estimé de 3%. Ainsi, le FMI prévoit un important déclin de l’activité économique en Algérie, frappée de plein fouet à la fois par la crise sanitaire et par la chute des cours du brut qui, nonobstant l’accord à l’arraché obtenu par l’Opep+, dimanche, peine à sortir de la zone rouge. Selon les indicateurs contenus dans les Perspectives économiques mondiales du FMI, cette forte contraction du PIB algérien serait conjoncturelle, liée probablement à la propagation du Covid-19 et ses répercussions sur l’économie du pays, puisqu’il prévoit une forte accélération de la croissance en 2021. En effet, l’institution de Bretton Woods prévoit un taux de croissance de 6,2% en 2021 contre une croissance de seulement 0,7% en 2019. Le rebond de la croissance est conditionné, néanmoins, par un retour progressif de l’activité économique ainsi que par le plan de sauvetage qui sera mis en place par le gouvernement. Par ailleurs, le Fonds monétaire internationale s’attend à ce que le taux d’inflation rebondisse en 2020 et en 2021, soit à 3,5% cette année et à 3,7% en 2021, contre 1,8 en février dernier, en glissement annuel. Les estimations du FMI en matière d’inflation ne tiennent pas compte, cependant, des risques d’un retour à la production monétaire pour pouvoir couvrir les besoins de plus en plus croissants de l’économie. Quant à l’évolution des déficits du pays en 2020, sur fond de crise sanitaire de la chute des prix du pétrole, le Fonds monétaire internationale s’attend à ce que le déficit de la balance du compte courant puisse atteindre (-18,3%) du PIB en 2020, et fléchir légèrement à (-17,1%) l’année suivante. L’aggravation des déficits extérieurs pourrait accélérer la fonte des réserves de change du pays, se situant actuellement à moins de 60 milliards de dollars. Quant aux répercussions sociales du double choc Coronavirus-chute des cours du brut, l’institution financière multilatérale prévoit une forte hausse du taux de chômage en Algérie, conséquemment à la crise qui touche de nombreux secteurs de l’économie mais aussi aux prévisions de déclin de l’activité suite aux mesures de lutte contre la propagation de la pandémie. Ainsi, le FMI prévoit que le taux de chômage grimpe à 15,1% cette année avant de baisser à 13,9% l’année prochaine. Pour ainsi dire, le FMI s’attend globalement à un recul net de la croissance en Algérie cette année, à une aggravation des déficits et du coût social de la crise, conséquemment à la diffusion de la pandémie du Covid-19 et de ses conséquences sur l’économie et les entreprises. Cependant, le pays fait face à d’importants défis générés par la rechute des prix du pétrole sur les marchés mondiaux. Le FMI a appelé les pays exportateurs de pétrole de la région, dont l’Algérie, a accéléré les réformes économiques visant à diversifier davantage les économies.