Le cabinet d’expertise britannique Oxford Business group (OBG), en référence à une récente étude qu’il a menée, a expliqué, dans un rapport qu’il vient de publier, que s’il demeure encore quelques obstacles à la redynamisation des recettes de l’Etat et de diversification de l’économie,

61 % des personnes interrogées avaient des attentes « positives » ou « très positives » quant au climat des affaires pour les 12 mois à venir. L’année 2018 s’annonce ainsi bonne.
Optimisme démesuré ? Le cabinet londonien n’aura pas pris en considération les derniers développements intervenus dans le commerce extérieur, où l’Etat a décidé d’abandonner le régime des licences d’importation. Cela ne va pas se faire sans conséquence sur l’évolution de l’économie nationale, dont la machine productive est grippée et dans la sphère privée et dans la sphère publique. Les entreprises partent ainsi avec un handicap à la conquête de nouveaux défis dont le relèvement de la production en est un.
70 % des opérateurs ont déclaré qu’il était « probable » ou « très probable » que leur entreprise consacre des investissements en capitaux significatifs en 2018. Et OBG de souligner qu’une majorité des personnes interrogées ont estimé que l’environnement fiscal était désavantageux ou très désavantageux. Si ces mesures devraient permettre de renflouer les caisses de l’Etat, d’aucuns craignent que ces taxes et impôts récemment mis en œuvre ne constituent « un frein à la consommation du secteur privé dans certains segments, notamment avec la hausse des taxes et des prix prévue en 2018 ». Il est par ailleurs relevé, dans le document, que la solidité de l’économie algérienne s’est renforcée en 2017 grâce à la hausse des recettes issues du secteur énergétique, aux mesures de contingentement des importations et à l’augmentation des recettes fiscales. Néanmoins, y est-il souligné, la dépendance continue du pays aux recettes issues de la vente d’hydrocarbures le laisse exposé aux chocs extérieurs. Le choc est probable, mais il pourrait être contenu au vu de la reprise des cours du pétrole et de celle du secteur de l’énergie. Ce dernier a continué à porter la croissance cette année. Les exportations d’énergie ont enregistré une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente durant les 10 premiers mois de 2017 pour atteindre 27,2 milliards de dollars selon les données officielles. Malgré la baisse de la production de pétrole et de gaz estimée à 2,7 % pour 2017, le rebond mondial des cours du pétrole devrait permettre aux recettes à l’exportation du secteur énergétique d’atteindre les 32,3 milliards de dollars pour toute l’année, soit + 16,6 % comparé à l’année précédente. OBG met en avant une compilation de chiffres pour donner du poids à ses arguments. Il relève que la hausse globale des recettes nationales à l’exportation entre janvier et octobre, pour un total de 28,7 milliards de dollars en incluant les secteurs hors énergie, s’est inscrite dans un contexte de contraction des importations de 1,8 % à 38,2 milliards de dollars, laissant dans son sillon un déficit commercial de 9,5 milliards de dollars pour cette période.

Exportations énergétiques : une hausse à deux chiffres
Le gouvernement vise à réduire la valeur des importations à 30 milliards de dollars en 2018, contre 41 milliards de dollars l’année dernière, en misant sur une plus grande autonomie et en augmentant le nombre de produits restreints à l’importation. Cet objectif est souligné « en gras » dans le rapport d’OBG. Il devrait être appuyé par un meilleur rendement de l’énergie. Le rapport note : « Selon les estimations du ministère de l’Energie, qui ont été rapportées dans la presse internationale, les recettes devraient s’élever à 33,6 milliards de dollars en 2018, grâce à une hausse de 6,5 % du rendement énergétique rendue possible par le lancement graduel de nouveaux projets au fil de l’année ». Le cabinet britannique affirme, cependant, que si la meilleure performance du secteur énergétique, qui finance le budget de l’Etat à hauteur d’environ 60 % et représente 95 % des exportations, devrait porter la croissance économique globale du pays à l’avenir, la baisse des recettes enregistrée depuis le déclin du cours du pétrole en 2014 (à l’époque, les recettes se chiffraient à 58,4 milliards de dollars) continue de peser sur l’économie. Il rappelle que cette diminution des revenus issus de l’énergie a fait fondre les réserves de change, passant de 192 milliards de dollars en 2014 à 102,4 milliards de dollars en septembre 2017. Or, y est-il mentionné, même en tablant sur une hausse des recettes, ces réserves devraient poursuivre leur baisse à moyen terme.

Relance des projets d’infrastructures
Abderrahmane Raouia, ministre des Finances, a déclaré au Parlement en novembre que les niveaux de devises étrangères devraient tomber à 85,2 milliards de dollars d’ici à la fin 2018, puis à 76,2 milliards de dollars d’ici à 2020. Pour faire face à la baisse des revenus et des réserves de liquidités enregistrée ces dernières années, le gouvernement a pris un train de mesures visant à augmenter les recettes de l’Etat et à élargir la base de l’économie. Début 2017, la réglementation en matière de taxe sur la valeur ajoutée pour les biens et les services a été revue à la hausse, passant de 17% à 19 %. Idem pour la taxe à taux réduit, qui est passée de 7% à 9 %. Simultanément, tout un ensemble d’autres taxes applicables à l’immobilier et à la vente de véhicules, d’alcool et de tabac ont été également mises en œuvre. Le gouvernement table ainsi sur un déficit budgétaire qui s’élèverait cette année à 8 %, contre 15 % en 2016. Si les impôts et autres taxes vont être revus à la hausse, les dépenses de l’Etat elles aussi vont augmenter après deux années d’austérité. Le gouvernement prévoit de relever ses dépenses de 25 % l’année prochaine, après les années de coupe budgétaire de 2017 (- 14 %) et 2016 (- 9 %). Une grande partie de cette enveloppe sera consacrée à la relance des projets d’infrastructures. Le Cabinet d’expertise explique que ces dépenses devraient profiter aux secteurs du bâtiment, des matériaux et de la logistique, et créer une dynamique générale pour l’économie dans son ensemble. Le gouvernement prévoit ainsi un PIB en hausse de 4 % l’année prochaine, chiffre bien supérieur aux prévisions de 2017 qui l’établissait à 2,2 %.