En attendant de voir quel sera l’impact des discussions qu’a eues MBS avec les responsables algériens sur le marché pétrolier – une évolution qui ne dépend pas uniquement des positions d’Alger et de Riyad dans ce registre bien précis –, les deux pays viennent de donner de l’épaisseur à leur coopération.

Ce qui s’est traduit par la création, hier, d’un haut conseil de coordination algéro-saoudien en vue de renforcer la coopération dans les domaines politique, sécuritaire, économique et culturel. Mais d’ores et déjà, cette visite a donné lieu à l’inauguration de cinq projets de partenariat. Ce qui est loin d’être insignifiant quand on mesure le poids de la conjoncture économique et financière qui frappe la quasi-totalité des pays, y compris parmi ceux qu’on peut considérer au-dessus des crises.

Conclus ainsi en pleine période d’incertitudes financières, de tels projets valent de l’or d’autant plus que l’or noir ne rassure plus nos économies bâties essentiellement sur cette matière dont l’évolution du marché est à l’ordre du jour de la réunion de l’Opep prévue en fin de semaine à Vienne. L’autre point positif issu de ce forum algéro-saoudien est lié à la diversification des projets de partenariat conclus. Ils concernent, en effet, la chimie minérale, le traitement des minéraux et l’industrie des produits chlorés, de l’hydroxyde de sodium ou la soude caustique et la soude destinée à la purification de l’eau. Ils touchent également du projet d’industrie pharmaceutique avec une capacité de production de 10 millions d’unités, ce qui contribuera à améliorer les capacités de la production locale. L’intérêt de ces projets réside aussi dans le fait qu’ils rentreront en service début 2019, une année fortement appréhendée par les économistes si les cours du pétrole ne retrouveaient pas le chemin de la hausse. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, n’avait point senti le besoin d’atténuer l’alerte en déclarant la semaine écoulée que la prochaine année sera dure pour l’économie nationale. Cette moisson du Forum algéro-saoudien a également pour intérêt de donner un nouvel élan à la coopération entre les deux pays, dans la mesure où il a été fait état de la concrétisation dans un avenir proche de 12 projets de partenariat pour un montant estimé à 14 milliards de dinars. Ces projets de partenariat englobent plusieurs secteurs d’activité allant des produits chimiques, au bâtiment en passant par l’industrie alimentaire et la sidérurgie.
Le Forum algéro-saoudien a été ainsi une occasion de réaffirmer combien les deux pays peuvent avancer en matière de partenariat dans divers secteurs.