En première ligne dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, le corps médical continue d’enregistrer des pertes dans ses rangs. Lundi, des syndicats du secteur ont annoncé le décès de deux professionnels de santé dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Il s’agit d’un psychologue clinicien exerçant à l’EPH de Tolga, à Biskra, et d’une aide-soignante exerçant à l’EPH Chachar de Kehenchla.

Avec ces deux nouveaux décès, le bilan du personnel soignant emporté par le coronavirus s’alourdit, alors que le Syndicat national des médecins libéraux (SNML), lui, fait part de 61 médecins spécialistes, généralistes, chirurgiens-dentistes décédés depuis le début de l’épidémie au 1er août.
Par ailleurs, le SNML fait savoir aussi qu’il a été reçu, mardi dernier, par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, avec des représentants de trois autres syndicats du secteur, le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) et le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).
Une réunion s’est alors tenue entre le premier responsable du secteur et les représentants du corps médical, portant, entre autres, sur «la gestion de la situation épidémique, les conditions de travail des professionnels de santé et leur prise en charge en cas de contamination, la réforme du système de santé et la nécessité de prendre en charge les problèmes socioprofessionnels des différents corps du secteur», indique le SNML soulignant qu’il a soumis une série de propositions à la tutelle. Il a, à l’occasion, proposé la mise en place d’un «couloir PCR SCAN, priorité d’hospitalisation dédié au corps médical et paramédical, et ce, en raison du nombre de décès enregistrés dans le corps soignant», indique le SNML. Il ajoute avoir également demandé le «dépistage du personnel soignant en priorité, l’inscription de la Covid-19 au registre des maladies professionnelles, l’insertion des médecins libéraux dans les comités de suivi au niveau des wilayas et au niveau central, ainsi que l’envisagement des voies de communication dédiées entre professionnels de santé et administrateurs avec des réunions cycliques et diffusion des rapports aux différents acteurs». Pour rappel, le 22 juillet dernier, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid avait dévoilé des chiffres importants sur les cas de décès et de contamination au sein du personnel de la santé depuis l’apparition de l’épidémie en Algérie. A cette échéance, le bilan faisait déjà état de 44 morts et plus de 2 300 cas de contamination recensés. Pour sa part, le Directeur général de la Prévention au ministère de la santé, le Pr Djamel Fourar, avait affirmé le 17 juillet dernier que le nombre des contaminations à la Covid-19 au sein du personnel médical dépasse les 2 600 cas.
Selon le Pr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses de l’Etablissement public hospitalier de la ville de Boufarik, ces chiffres sont liés à «l’évolution de la situation épidémiologique dans le pays, notamment pour cause d’augmentation du nombre de malades infectés par la Covid-19, alors que les professionnels de la santé se trouvent en état d’épuisement». Ces derniers ne manquent pas pour autant de réitérer constamment leur appel aux citoyens pour respecter les mesures de prévention contre le virus, notamment à travers le port du masque dans les lieux publics.