Le personnel navigant commercial d’Air Algérie, les PNC comme on les appelle dans leur jargon de métier, ont poursuivi leur mouvement de grève hier, provoquant l’annulation de 40% des vols de la compagnie nationale de transport aérien. Proclamée illégale par la justice, leur grève du ciel risque d’être un choc à l’atterrissage où des sanctions sont prévues.

Déclenchée lundi sans préavis, la grève du personnel navigant commercial (PNC) d’Air Algérie s’est poursuivie, hier, donnant à constater le même scénario dans les aéroports nationaux et étrangers desservis par la compagnie aérienne nationale.
En effet, la colère des passagers bloqués et désorientés n’avait d’égale que la pagaille régnant au niveau des guichets d’enregistrement ou de renseignements. Nombreux parmi ces derniers ont été mis devant le fait accompli par un débrayage qui s’est soldé par l’annulation de 40% des vols programmés pour cette journée de mardi, soit l’équivalent des vols annulés lundi, dont 10 sur des lignes internationales et 3 sur des lignes internes, a fait savoir le porte-parole d’Air Algérie, Amine Andaloussi.
Cette grève, initiée par le Syndicat national du personnel navigant commercial algérien (SNPNCA), a engendré de «grandes perturbations ainsi que l’annulation de plusieurs vols», a-t-il soutenu, tout en confirmant l’information rapportée par Reporters dans son édition d’hier, faisant état de sanctions prises par l’administration de la compagnie contre les grévistes. «Hier (lundi), l’huissier de Justice a confirmé la vacance de 62 postes de travail suite à cette grève», a indiqué M. Andaloussi, ajoutant que «les procédures légales prévues en la matière» seront appliquées aux grévistes. Cette procédure a été engagée après qu’Air Algérie a déclaré la grève du PNC d’«illégale».
Pour réduire l’impact sur les passagers, provoqué par l’annulation des vols, la compagnie a mis en place «une cellule de crise chargée du suivi de la grève et de la gestion des vols avec la reprogrammation de ceux annulés en recourant à des avions de plus grande capacité pour accueillir un maximum de passagers», a souligné son porte-parole, insistant néanmoins sur l’effet surprise de ce mouvement de protestation qui a rendu le service minimum difficile à assurer.
Pour sa part, le SNPNCA a tenu à justifier le débrayage des deux derniers jours par la «non-prise en charge» des revendications du PNC. «Le SNPNCA tient à informer l’opinion publique que le débrayage observé est un mouvement initié par la corporation PNC qui découle d’un ras-le-bol général de la non-prise en charge de nos revendications socioprofessionnelles et la non-application des accords», fait savoir le syndicat dans un communiqué, signé lundi par son président Farid Boucetta. Ce dernier a aussi indiqué à l’APS que «le syndicat a informé l’administration de la décision d’un débrayage de trois heures d’aujourd’hui (lundi) dans le cadre d’un mouvement de protestation».
Qualifiant «d’arbitraires» les mesures prises par l’administration, il a déclaré que cette démarche a «induit le rajout de la revendication de réintégration des employés licenciés alors que la demande initiale était l’amélioration de la situation sociale». Le refus de l’administration de ces revendications et la hausse du nombre de stewards et d’hôtesses de l’air licenciés à 40 ont conduit le syndicat à entrer en grève ouverte», a poursuivi le président du SNPNCA.
«Les revendications des PNC ne sont pas d’ordre matériel, mais d’ordre social pour l’amélioration des conditions du travail et la gestion des ressources humaines et des équipements», a-t-il tenu à souligner.
Hier, le tribunal de Dar El Beïda (Alger) a ordonné «l’arrêt immédiat» de la grève enclenchée par le personnel naviguant commercial d’Air Algérie, tout en le sommant de cesser d’entraver l’activité de l’entreprise, a affirmé Amine Andaloussi. Dans un communiqué diffusé lundi, Air Algérie avait indiqué que la grève des PNC était «illégale».
Pour rappel, depuis 2017, la direction des ressources humaines d’Air Algérie a entamé des négociations avec l’ensemble des partenaires sociaux (dont le SNPNCA) pour une démarche globale qui tient compte de la situation financière de l’entreprise, rappelle le communiqué.<