PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale devrait remettre, dans quelques jours, le projet de statut particulier aux syndicats de son secteur. Le ministère avait convié l’ensemble des syndicats à des séances de travail bilatérales pour soumettre leurs propositions et revendications.
Quatre mois après le lancement des séances de travail bilatérales, les syndicats devraient prendre connaissance de la mouture parachevée par la commission technique chargée de la révision du statut particulier et pourront en débattre, avant de la soumettre à la commission ad hoc du gouvernement. Selon des indiscrétions, le projet portant nouveau statut particulier sera remis aux syndicats du secteur ce jeudi ou, au plus tard, à la fin du mois. Ladite commission a examiné avec le partenaire social les dispositions et mécanismes de révision du statut particulier et débattu des questions à caractère socioprofessionnel du personnel du secteur.
Le ministre de l’Education, Abdelhakim Belabed, a fait savoir que le ministère prendra en considération les propositions de son partenaire social dans l’élaboration du projet du statut particulier qui doit répondre à certaines normes, et en parallèle, aux préoccupations du personnel de l’éducation, en termes de classement, d’intégration et de promotion des corps du secteur. Le nouveau projet de statut particulier est censé garantir les droits de tous les travailleurs et prémunir le secteur de toute perturbation en préservant sa stabilité à long terme.
Les travailleurs du secteur revendiquent, en effet, un statut qui garantira «la justice et l’équité» entre tous les corps et paliers de l’enseignement sans distinction, sachant que ce dossier ne constitue pas dans le contexte économique et social actuel la «principale revendication», car les travailleurs réclament une amélioration du pouvoir d’achat en érosion. «Il faut décortiquer l’avant-projet avant de se prononcer», dit Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). Bien que la réunion de travail avec le ministre du secteur a été qualifiée de «satisfaisante», le président du Snadep préfère avoir le projet de loi entre les mains pour savoir si les propositions du partenaire social ont été prises en charge ou ignorées.
De son côté, le Conseil national autonome des directeurs des lycées (CNADL) met en garde la tutelle d’adopter un statut particulier qui «maintiendrait les dysfonctionnements et injustices» que contenait l’ancien statut particulier dans le secteur depuis dix ans. D’ailleurs, les syndicats du secteur ont toujours dénoncé un statut particulier qui sert et privilégie une catégorie aux dépens d’une autre. Pour preuve, les syndicats conviés aux rencontres bilatérales ont mis en exergue la nécessité d’unifier le classement des enseignants des trois cycles d’enseignement, celui des directeurs des écoles, l’institution de nouvelles primes pour le personnel afin d’améliorer leur pouvoir d’achat.
Il y a lieu de rappeler que le dossier de statut particulier a été ouvert dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République qui a ordonné, lors du Conseil des ministres présidé le 2 mai dernier, d’ouvrir le dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur et de réviser le statut des travailleurs.