Le nombre de wilayas soumises au confinement partiel à domicile à partir d’aujourd’hui a été revu à la baisse avec maintien des horaires appliqués auparavant.

PAR INES DALI
«Le gouvernement a décidé de réaménager et de proroger de 21 jours le confinement partiel à domicile, de minuit jusqu’au lendemain à 04H du matin, dans 14 wilayas du pays au lieu de 19, à compter de lundi 21 juin», a indiqué, hier, un communiqué des services du Premier ministre.
Les quatorze wilayas où la mesure de confinement partiel à domicile est applicable sont Alger, Blida, Tipasa, Oran, Sidi Bel Abbès, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Constantine, Sétif, M’Sila, Batna, Tébessa, Laghouat et Ouargla. Ce sont donc les wilayas du Centre qui sont le plus concernées, suivies par celles de l’Est.
A Alger, à titre d’exemple, les chiffres font ressortir que les cas de contaminations quotidiennes frôlent parfois la centaine. Les spécialistes qui exercent dans les hôpitaux font état non seulement de la hausse du taux d’occupation des lits par les cas Covid, mais alertent, depuis quelques jours déjà, sur la forte pression exercée au niveau des services de réanimation, ce qui veut dire que «les cas graves de la maladie de Covid-19 sont en augmentation», ont-ils expliqué. A Blida, la situation n’est pas meilleure et le taux d’occupation des lits est d’environ 80% à l’Etablissement public hospitalier de Boufarik, qui n’a pas cessé d’accueillir les malades Covid depuis le début de la pandémie.
Les wilayas qui ne sont pas concernées par cette mesure sont au nombre de 44 (Adrar, Chlef, Oum El Bouaghi, Biskra, Béchar, Bouira, Tamandrasset, Tlemcen, Tiaret, Djelfa, Jijel, Saïda, Skikda, Annaba, Guelma, Médéa, Mostaganem, Mascara, El Bayadh, Illizi, Bordj Bou-Arréridj, El Tarf, Tindouf, Tissemsilt, El Oued, Khenchela, Souk Ahras, Tipasa, Mila, Aïn Defla, Naâma, Aïn Témouchent, Ghardaïa, Relizane, Timimoun, Bordj Badji-Mokhtar, Ouled Djellal, Beni Abbès, In Salah, In Guezzam, Touggourt, Djanet, El Meghaeir et El Meniaâ).
«Le Premier ministre Abdelaziz Djerad a décidé des mesures à mettre en œuvre au titre du dispositif de gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus (Covid-19)» et ce, «en application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et au terme des consultations avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus (Covid-19) et l’autorité sanitaire», est-il précisé dans le même communiqué.
«S’inscrivant toujours dans l’objectif de préserver la santé des citoyens et à les prémunir contre tout risque de propagation du coronavirus et soutenues par la démarche basée sur la prudence, la progressivité et la flexibilité, ces mesures visent, au regard de l’évolution de la situation épidémiologique, à adapter le dispositif actuel de protection et de prévention», est-il souligné de même source. «Les walis peuvent, après accord des autorités compétentes, prendre toutes mesures qu’exige la situation sanitaire de chaque wilaya, notamment l’instauration, la modification ou la modulation des horaires, de la mesure de confinement à domicile partiel ou total ciblé d’une ou de plusieurs communes, localités ou quartiers connaissant des foyers de contamination», selon le communiqué.

Dr Yousfi : «On déconfine lorsque les indicateurs sont au vert»
Ce sont donc 14 wilayas qui restent sous confinement partiel à domicile au moment où le pays enregistre des contaminations qui frôlent les 400 cas confirmés par jour, avec également une hausse des décès et des malades en soins intensifs, alors que la vaccination ne décolle pas vraiment pour différentes raisons.
Des observateurs qui ont commenté cette autre prolongation du confinement partiel à domicile ont estimé que «c’est très long pour un pays qui n’est pas durement frappé» par la pandémie. Le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie, a affirmé que «les critères de confinement sont universels. Lorsqu’on voit que les cas augmentent, on confine. Et lorsqu’on voit que les cas baissent, on déconfine. Cela dépend toujours de la situation épidémique».
Rappelant que «nous ne sommes plus dans la situation plus ou moins confortable de janvier dernier, où on enregistrait nettement moins de cas», il a expliqué que la reconduction actuelle est dictée par les données actuelles. «On déconfine lorsqu’on a des indicateurs au vert. Or, ce n‘est pas le cas actuellement», a encore expliqué le président de la Société algérienne d’infectiologie.
Le Dr Yousfi, qui est également chef de service des maladies infectieuses à l’EPH de Boufarik, a étayé ses propos en donnant l’exemple de cet hôpital qui «tourne avec un taux d’occupation des lits de 80%». Il poursuit qu’il est contacté quotidiennement pour savoir si des places sont encore disponibles à l’EPH de Boufarik et ce, même de la wilaya d’Alger. «C’est un indicateur que l’épidémie est en train d’augmenter», a-t-il souligné, non sans appeler les citoyens à être conscients et à respecter les gestes barrières, de même que les pouvoirs publics à veiller à leur application.
Relevant que maintenant «nous sommes entre 300 et 400 cas par jour», il soutient que «la mesure de reconduction du confinement partiel à domicile suit automatiquement la situation épidémiologique». La vaccination qui est à même de mettre un frein à la propagation de la pandémie n’est toutefois pas à la hauteur de ce qui est souhaité. Et cette fois, ce n’est pas parce que les doses de vaccins ne sont pas disponibles. Il semble que les appels à la population peinent à convaincre au vu du faible afflux au niveau des chapiteaux mis à disposition sur les grandes places publiques. Selon le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Bacha, «l’adhésion à la vaccination n’est que de 17%». Un taux qu’il a qualifié de «faible».