L’Union européenne a demandé lundi au nouveau gouvernement péruvien de respecter les droits humains lors des manifestations où s’affrontent partisans du président destitué et forces de l’ordre, et qui ont fait
au moins 21 morts.

Par Luis Jaime CISNEROS
Le bilan est passé de 20 à 21 morts après des échauffourées en marge de manifestations à Chala, dans la région d’Arequipa (sud), ont annoncé lundi les autorités péruviennes. La répression des manifestations a par ailleurs fait 646 blessés dont 290 policiers, selon la même source. «L’UE condamne tout recours à la violence et à l’usage excessif de la force», indique un communiqué de la délégation européenne au Pérou, posté sur Twitter. L’organisation se dit «très préoccupée par les informations selon lesquelles (une vingtaine, ndlr) de civils ont été tués jusqu’à présent, dont certains avec des armes à feu». Plusieurs affrontements ont eu lieu lors des manifestations à travers le pays, entre forces de l’ordre et protestataires. Armes à feu et gaz lacrymogène ont amplement été utilisés par la police. Lundi, des marches étaient organisées à Huancayo (centre), Cusco, Apurímac et Arequipa (sud), pendant lesquelles des violences ont éclaté entre mineurs et agents en uniforme. Les manifestants exigent la libération du président déchu Pedro Castillo, la démission de celle qui lui a succédé, Dina Boluarte, qui a déjà annoncé qu’elle ne partirait pas, la dissolution du Parlement ainsi que des élections générales immédiates.

Privilégier le dialogue
Ce mouvement de mécontentement a éclaté après que Pedro Castillo a tenté de dissoudre le Parlement le 7 décembre et de gouverner par décret. La diplomatie européenne a en outre appelé Mme Boluarte à «garantir la stabilité politique et aborder la crise dans le respect de l’ordre constitutionnel, de l’Etat de droit et des droits de l’homme». «Tous les acteurs politiques et la société civile» doivent privilégier le dialogue pour mettre fin à la violence, a enfin fait valoir l’UE. Le Pérou a rouvert lundi l’aéroport d’Arequipa, deuxième ville du pays, où des centaines de touristes s’étaient retrouvés bloqués. Mardi, les terminaux d’Ayacucho (centre-sud) et de Juliaca (sud-est) rouvriront leurs portes. Celui de la ville de Cuzco fonctionne depuis vendredi. Dimanche, Mme Boluarte a fait savoir que l’épouse de M. Castillo, ainsi que ses enfants, avaient demandé l’asile au Mexique. Andres Manuel Lopez Obrador, président du Mexique, a renouvelé son soutien et a dit qu’il était prêt à les accueillir. Mais «nous devons connaître l’opinion de la famille et de Pedro Castillo». Le Parlement doit voter à nouveau ce mardi sur le projet d’avancer les élections de 2026 à 2023, qui n’avait pas obtenu la semaine dernière les votes nécessaires, une mesure pourtant soutenue par 83% des citoyens et susceptible d’atténuer la crise. (Source AFP)