Par Bouzid CHALABI
Avec une distribution très souvent aléatoire et de longues périodes de coupures récurrentes et par surprise, les citoyens interpellent les pouvoirs publics.
Les manifestations de colère des populations du Grand-Alger, provoquées par la grave crise de l’eau potable qui sévit depuis le mois de juin, se sont multipliées ces derniers jours. Pis encore, dans certains quartiers de la capitale la grogne s’est intensifiée. Les citoyens dénoncent la distribution inéquitable de l’eau potable entre les circonscriptions, voire même entre quartiers. Interpellant les pouvoirs publics d’intervenir en lieu et place de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) rendue responsable de cette situation.
Bien que du côté de la Seaal, on ne cesse de rassurer que la situation va s’améliorer dans quelques jours, au grand étonnement sur le terrain, la crise de l’eau potable s’amplifie de façon drastique. En effet, les coupures sont non seulement plus fréquentes, mais surtout imprévisibles. Et pourtant, le plan d’urgence mis en place par la Seaal consistait à distribuer l’eau selon un planning bien établi, c’est-à-dire selon des tranches horaires fixes. Or, ce qui pousse à la colère des milliers de citoyens, non seulement le planning n’est pas respecté mais le débit demeure faible ; ce qui, par conséquent, prive de la moindre quantité d’eau les foyers vivant aux étages supérieurs des immeubles.
En somme, la population du Grand-Alger se plaint d’une eau qui n’arrive pas toujours dans les robinets aux heures indiquées par la Seaal, mais aussi que la distribution du précieux liquide est très souvent aléatoire, ces dernières semaines, avec des coupures récurrentes et par surprise. Toujours dans ce même ordre d’idées, lors des manifestations, les banderoles brandies se rejoignent à dire «l’eau potable est coupée puis rétablie selon un système aléatoire, insaisissable pour les citoyens». Dans d’autres «la distribution relève presque de la loterie». Sur les réseaux sociaux certaines personnes convergent vers les mêmes doléances. Elles estiment avoir le droit d’être informées lorsqu’une coupure pour travaux est prévue, afin qu’elles puissent prendre leurs dispositions. On lit également «on n’en peut plus des coupures à la hussarde, sans que nous soyons avertis en amont et sans qu’on nous présente des excuses en aval».
D’autres internautes se disent choqués par le fait que les restrictions d’eau sont accompagnées de fuites d’eau potable sur les trottoirs de la capitale. Devant ce constat, l’un d’eux dira : «C’est le comble de l’absurdité.» Toujours à propos des fuites d’eau potable à même la voie publique, un autre écrit : «Ça fait mal au cœur de voir toute cette eau potable gaspillée à l’heure où les barrages et les robinets sont à sec.» Notons que du côté des experts nationaux en matière de ressources hydriques on se rejoint à dire que la problématique de l’eau potable dans la capitale résulte «d’un espace fort demandeur et consommateur d’eau sans ressources propres». Les solutions pour une sortie de crise d’eau potable pérenne pour la capitale passent en priorité par un apport considérable en volume et fiable dans la durée que ne peuvent assurer que des unités de dessalement, dont la production sera consacrée uniquement aux besoins en AEP de la capitale est ses environs. <