Quinze jours après la rentrée scolaire, des élèves n’ont toujours pas pu se procurer les manuels scolaires. Cependant, «la situation se débloque», indique à Reporters, Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE).

par Milina Kouaci
Cette année, des directeurs et intendants ont refusé de se charger de la vente du livre scolaire sous prétexte que cette opération n’est pas de leurs prérogatives. Mais l’Office national de publication scolaire (ONPS), selon son chargé de communication, Yacine Mira, accorde un grand intérêt pour faciliter l’acquisition des manuels par les élèves et leurs parents. D’ailleurs, l’ONPS a créé 301 points de vente, 39 expositions et accrédité 1 198 librairies pour faciliter le processus d’acquisition des manuels scolaires.
«Le fait que le personnel de l’Education boude la vente du livre scolaire dans les écoles a chamboulé le déroulement de l’opération et les parents d’élèves», indique M. Saadi, sans omettre de rappeler que le problème de la disponibilité du livre scolaire est posé depuis des années.
Ce dernier incombe une partie de la responsabilité aux parents qui ont l’habitude d’attendre la veille de la rentrée scolaire pour prendre d’assaut les points de vente. «Les livres étaient disponibles depuis avril dernier, si on les avait achetés à cette date, on ne serait pas confrontés à ce genre de situation au début de l’année scolaire». Le président de l’Unpe tire toutefois à boulets rouges sur les spéculateurs qui ont augmenté les prix par rapport à ceux pratiqués par l’ONPS et les libraires. «Les livres étaient disponibles au marché noir à des prix élevés», regrette notre interlocuteur. Il souhaite que cette situation ne se reproduise pas l’année prochaine et que la vente du livre se fasse de manière plus organisée et plus fluide. Cette situation a, pour rappel, fait réagir la tutelle via son premier responsable.
En niant toute pénurie du livre, Abdelhakim Belabed assure que la vente au niveau des écoles n’avait subi aucune modification. «La vente du livre scolaire constitue un acte pédagogique», promettant de trouver des solutions aux problèmes rencontrés avant la prochaine rentrée scolaire et niant avoir apporté des changements dans les mécanismes de vente, en cours depuis toujours. Il a indiqué également que l’ONPS avait imprimé suffisamment de livres pour couvrir tous les besoins. Ces quantités avaient été acheminées vers les centres de distribution au niveau des wilayas. Le ministre de l’Education a, par ailleurs, donné aux directeurs de l’éducation des instructions afin que de nouveaux points de vente soient ouverts à chaque fois que le besoin se fait sentir. <

Echange Belabed et les Ulémas

Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed a fait part mercredi à Alger de la disposition de son secteur à «renforcer la coordination et la coopération» avec l’Association des Oulémas musulmans algériens (AOMA) au mieux des intérêts de l’école algérienne.
Au terme d’une rencontre avec le président de l’AOMA, Abderrezak Guessoum et la délégation l’accompagnant, M. Belabed a indiqué que «la rencontre, fructueuse, a été l’occasion de passer en revue plusieurs axes et d’évoquer les préoccupations de l’école», faisant part de la «disposition de son département à coordonner avec l’auguste Association, dans le cadre de son règlement intérieur, au profit de l’école algérienne».
Pour sa part, M. Guessoum a qualifié cette réunion de «positive sur tous les plans, utile et importante, elle réunit deux instances concernées par l’éducation, une des préoccupations majeures du savant Abdelhamid Ibn Badis», et elle «coïncide avec la rentrée scolaire».
A ce propos, il a considéré que les explications du ministre aux questionnements soulevés par l’Association «ont permis de dissiper certaines ambigüités», se disant «apaisé par les réponses du ministre, rassurantes quant au devenir du système éducatif, au moment où les guet-apens s’accentuent contre notre patrie et nos préceptes».