Par Bouzid Chalabi
Le ministère du Commerce est en mauvaise posture. Et pour cause. Le président de la Commission des affaires économiques et du commerce auprès de l’Assemblée populaire nationale (APN) Smaïl Kouadria vient de battre en brèche les services du ministère du Commerce sur tout ce qu’ils ont rapporté à l’opinion publique comme éléments d’informations sur les raisons de la pénurie d’huile de table dans le circuit de la distribution de cette denrée.
Il a, en effet, révélé que lesdits services «ont avancé des choses qui sont en totale contradiction avec ce qu’ont découvert les membres de la commission dépêchés sur le terrain». Du coup, Kouadria, qui était hier au micro de la chaîne privée El-Nahar, ne s’est pas empêché de charger les services du département de Kamel Rezig en attendant le rapport final. A ce propos, il convient de rappeler que la commission, composée de sept membres, qui est à pied d’œuvre depuis le 20 janvier dernier, avait pour mission d’identifier les raisons de la rareté de l’huile de table sur les étals du commerce du détail. Autrement dit, de mettre la lumière sur les tenants et les aboutissants de cette crise et d’en tirer un rapport final soumis au président de l’APN.
Il faut dire par ailleurs que le président de la commission a, lors de cette même occasion, livré quelques points sur la mouture du rapport en question. Selon lui, «les services du ministère du Commerce étaient responsables des déclarations faites par les propriétaires d’usine de production d’huile de table, par lesquelles ils ont fait croire à une abondance de la production alors que la réalité était tout autre». De ce fait, Kouadria reproche aux services de Rezig «de ne pas avoir déployé tous les moyens de contrôle dont ils disposent pour, tout au moins, être prévenus de la pénurie». Autre constat de terrain inclus dans le rapport, les chiffres avancés sur les augmentations de la production d’huile de table au niveau des usines, au tout début de la tension sur cette denrée, le président de la commission a affirmé : «Ils sont tout à fait imaginaires, car si ces chiffres étaient véridiques, nous n’en serions pas là.» Comme il a fait savoir dans ce même registre que «l’opinion, en général, a pris acte des chiffres de production, mais quand nous nous sommes rendus sur place, on s’est vite rendus compte que les quantités produites ne correspondaient nullement aux chiffres avancés par les gérants des usines». Poursuivant que «devant cet état des lieux, il a été facile à la commission de déduire que la problématique réside au niveau de la production réelle et non pas dans l’insuffisance en matière première (graines oléagineuses) comme ont tenté de le prétendre les opérateurs concernés». A propos des accusations du ministre du Commerce rendant la spéculation responsable en grande partie de la crise, Smaïl Kouadria s’est dit grandement étonné «à partir du moment où ces accusations se sont révélées sans fondement». «En clair, tout au long de nos déplacements, à aucun moment nous n’avons découvert d’agissements spéculatifs. Et d’ailleurs ça ne peut être le cas, quand on sait que la spéculation intervient quand il y a crise mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure», a-t-il indiqué.
Concernant le rapport en question, «en principe, il est prêt et donc nous prévoyons de le remettre ces jours-ci au président de l’APN et par la suite aux autorités concernées», a-t-il conclu. <