Par Leila ZAIMI
Le marché des citernes d’eau refait surface et semble avoir un bel avenir devant lui. Il suffit d’observer les commerçants spécialisés dans la vente de ce produit ainsi que les droguistes qui vendent les fûts en plastique pour s’en rendre compte. Certaines scènes qui ont disparu, comme celles de voir des réservoirs ambulants voyager d’un quartier à l’autre sur les camionnettes des transporteurs privés, ont refait surface. Pour cause, la sévère crise de l’eau qui met le Grand-Alger et sa périphérie sous tension. «La demande de citernes en plastique ou galvanisées a enregistré une hausse considérable ces derniers jours», confirme un commerçant et membre de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA). «On s’attendait à cette forte demande depuis des semaines et elle se confirme maintenant, entraînant un renchérissement des prix», ajoute notre source. En effet, le prix des citernes chez les détaillants connaît une flambée, les contenants de 500 l qui étaient cédés à 8 000 DA sont à 13 000 DA, selon l’associatif de l’ANCA. Il précise que les citernes en plastique marchent mieux que les galvanisées dans les cités et les ensembles immobiliers. «Les Algériens préfèrent les citernes en plastique. Ils les trouvent très pratiques par rapport aux galvanisées, qui ne marchent plus comme avant, sauf auprès de particuliers possédant des habitations individuelles», fait-il savoir.
Selon notre source, le marché des citernes et des réservoirs de petite quantité d’eau était «régionalisé» et ne concernait que les «régions intérieures» durant la période d’été. «Cette année, il s’est généralisé à l’Algérois et à une partie du Centre du pays», relève-t-elle «Chaque été, dans beaucoup de régions du pays, la demande des citernes d’eau augmente. Avant comme vous le savez, il n’y avait que la capitale et deux ou trois wilayas littorales qui avaient le privilège de l’eau courante quotidiennement. Durant cet été 2021, tout le monde est désormais logé à la même enseigne. Maintenant, hormis quelques exceptions, c’est toute l’Algérie qui doit stocker de l’eau». Notre interlocuteur ne cache pas son inquiétude quant aux conséquences de la pénurie d’eau sur les agriculteurs et les éleveurs de bétail. «La pénurie d’eau va provoquer une sérieuse tension chez les professionnels de la terre, en particulier ceux présents dans les cultures gourmandes d’eau. Les éleveurs vont devoir faire attention à la manière d’abreuver leur cheptel, spécialement ceux qui ont perdu l’habitude de rationner l’eau. A l’approche des fêtes de l’Aïd, il va falloir faire attention également aux conséquences du manque d’eau sur l’hygiène», poursuit-il.