Par Hamid Bellagha
C’est sans doute la situation hydrique que vivent plusieurs villes algériennes qui a fait que le dessalement d’eau de mer s’invite pratiquement à tous les Conseils des ministres. Et cette fois n’est pas coutume, puisque le sujet de l’heure a été abondamment abordé audit Conseil avec des recommandations spéciales de la part du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Pour cela, il a ordonné, dimanche, la proclamation, au plus vite, d’intentions de dessalement d’eau de mer dans pratiquement toutes les villes côtières, à l’Est, à l’Ouest et au Centre du pays. Le président Tebboune a aussi insisté sur la nécessité de poursuivre la synchronisation entre les secteurs pouvant avoir un impact positif sur l’hydraulique, la Défense nationale, l’Énergie, l’Agriculture et les Ressources en eau, afin de mettre en place une stratégie agissante et irrévocable à même de dénouer la crise de l’eau.
Le communiqué en question stipule donc que «le Président Tebboune a donné des orientations pour procéder, dans les plus brefs délais, au lancement de projets de dessalement d’eau de mer dans l’Est, l’Ouest et le Centre du pays. Des projets pouvant s’élever à cinq grandes stations d’une capacité de production de plus de 300.000 M3/jour chacune».
Et pour la pérennité des solutions qui ne manqueront pas de se manifester «très prochainement», le Président a également accentué aussi sur «l’impératif de doter définitivement le secteur d’une politique éclairée sur la base d’un plan coordonné et scientifique de production et de gestion des ressources en eau».
Dans un souci de préserver la richesse hydrique du pays et d’utiliser intelligemment celles qui existent, ou qui restent à créer par les stations de dessalement, Tebboune a recommandé «le recours aux barrages à hauteur de20%, aux nappes phréatiques à taux égal et aux stations de dessalement pour le restant afin de préserver les réserves stratégiques nationales en eau», le tout sous la supervision de spécialistes du domaine de l’hydraulique.
Il faut savoir qu’en ce qui concerne les onze unités de dessalement situées sur 9 wilayas de la côte maritime algérienne, elles ont une disposition de production totale de 2,1 millions de m3/j d’eau dessalée. Pas grand-chose, quand on sait que la moyenne mondiale de consommation du précieux liquide est de 137 litres/jour par personne. C’est dire que de sérieux efforts doivent être souscrits pour éviter une sous-consommation d’eau, avec les conséquences douloureuses que cela induit, même si l’on rajoute d’autres sources d’eau, comme celles en provenance des barrages ou des sources.
L’option du dessalement d’eau de mer, maintes fois proposée mais à chaque fois remise aux calendes grecques, s’impose aujourd’hui comme une nécessité absolue car et selon des chiffres du ministère des Ressources en eau, le taux de remplissage national des barrages dépasse à peine les 40 % actuellement. Un chiffre alarmant surtout quand on sait que la consommation du précieux liquide va en augmentant lors de la saison chaude. Car, et si les barrages à l’Est du pays proclament un taux qui flirte avec le maximum de retenue, l’absence de pluie au mois de février a quand même refroidi les ardeurs des dirigeants de ces mêmes barrages, celui de Beni Haroun en tête.
Le dessalement d’eau de mer est devenu, pénurie hydrique oblige, «option stratégique» pour la sécurisation de l’alimentation en eau potable. Un outil supplémentaire pour assurer au citoyen un confort hydrique minimal. Lesdites stations de dessalement devront, pour la plupart, rentrer en production dès cet été, selon le communiqué issu d’une rencontre le mois passé entre le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab et le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi. n