La Commission d’enquête parlementaire sur la pénurie de produits de large consommation devrait se réunir aujourd’hui pour finaliser son rapport sur les enquêtes que ses membres ont menées sur le terrain depuis son installation, le 16 janvier en cours.

Par Feriel Nourine
Le rapport est déjà prêt et devait être présenté la semaine dernière, avant que cette finalisation ne soit reportée pour contamination au covid-19 de plusieurs membres de la commission, avait justifié son président Ismaïl Kouadria.
Ce dernier avait expliqué que les enquêtes avaient été menées à travers plusieurs wilayas où ces produits se font rares, sinon carrément introuvables, à l’exemple de Adrar, bordj Badji Mokhtar, Mila, Oum El Bouaghi, Oran, Mascara pu encore Béjaïa.
Selon M. Kouadria, les visites d’inspection ont été effectuées au niveau des usines pour s’enquérir des conditions de production des produits concernés par la pénurie, notamment l’huile de table, et les capacités de stockage, mais aussi des moyens de distribution et de contact avec les grossistes ou encore de la distribution des produits par les détaillants. Il a ainsi été conclu que plusieurs facteurs sont à l’origine de la pénurie et de la hausse des prix des produits, a souligné le même président, expliquant que l’ensemble des parties impliquées dans le processus sont responsables des obstacles constatées sur le terrain, dont les autorités chargés de mettre en place les lois pour contrôler le circuit des produits,, de leur production à leur distribution.
En d’autres termes, «la responsabilité est partagée» dans la pénurie des produits de large consommation à laquelle se trouve confronté le citoyen depuis plusieurs semaines, observe le président de la Commission d’enquête parlementaire sur la pénurie mais aussi président de la Commission des affaires économiques et commerciales à l’Assemblée nationale.
«À la lumière de nos discussions avec toute cette corporation, nous avons constaté un manque flagrant de communication et de sensibilisation dans ce créneau d’activité», avait-il indiqué au quotidien Liberté, ajoutant que les enquêteurs ont pu avoir une idée sur le courroux des citoyens rencontrés sur les lieux. «Les ménages assistent, impuissants, à des pénuries d’huile de table, voire à d’autres produits de large consommation», a regretté l’intervenant.
A la pénurie ambiante s’est ajouté une hausse de prix sauvage qui n’épargne quasiment aucun produit, notamment depuis l’entame de la nouvelle année. Le pouvoir d’achat du citoyen algérien est laminé par les faiseurs d’inflation, et les membres de la commission parlementaire n’ont eu aucune peine à constater les dégâts sur le terrain. Sur ce registre, M. Kouadria ne manque pas de pointer du doigt le gouvernement et les taxes introduites par la loi de finances 2022.
On en saura sans doute plus grâce à la réunion que tiendra aujourd’hui la commission. Lors de son installation, le président du Sénat Salah Goudjil avait appelé ses membres à «être plus efficaces et à effectuer tous leurs déplacements et activités loin des médias et sans aucune déclaration». En plus, il ya nécessité «d’être extrêmement objectif et sérieux dans cette mission nationale en recherchant les carences et en obtenant la vérité et l’information des autorités de tutelle et des acteurs de terrain, ainsi qu’en exerçant la plus grande impartialité», avait ajouté M. Goudjil. <