Les masques ou les bavettes se font rares dans les pharmacies. Une situation qui pourrait favoriser
la propagation du coronavirus, a averti le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo).

«Effectivement, les masques sont introuvables dans la plupart des pharmacies du pays et ce, depuis deux à trois semaines, avant que la pénurie ne s’accentue avec la confirmation du premier cas de coronavirus par les pouvoirs publics», a reconnu le président du Snapo Messaoud Belambri, dans une déclaration à Reporters. Quant aux raisons de cette pénurie, il dira que les pharmaciens ont refusé de s’approvisionner en ce produit en raison de son prix devenu exorbitant. «Les fournisseurs proposent des prix injustifiés», ajoute-t-il. Du coup, les pharmaciens ont choisi de ne pas cautionner cette spéculation qui relance le débat, selon lui, sur le marché des produits parapharmaceutiques en Algérie.»
Interrogé sur la multiplication des annonces de vente de ces masques sur les réseaux sociaux et les sites de ventes en ligne, il dira que son organisation syndicale milite pour une régulation du marché des produits parapharmaceutiques. «Nous avons mis en garde depuis des années, quant aux conséquences de l’anarchie qui caractérise le marché des produits parapharmaceutiques», affirme-t-il. Il enchaîne : «Les opérateurs de ce secteur activent loin des regards et du contrôle. Il suffit d’avoir un registre de commerce pour devenir vendeur de produits pharmaceutiques dont des compléments alimentaires. Il faut que cela change pour éviter des situations similaires à celles que nous vivons ces jours-ci. La spéculation ne doit en aucun cas toucher des produits médicaux ou parapharmaceutiques.
D’après lui, cette situation favorise toutes les spéculations et ouvre la voie à des pratiques illégales. «Lorsque vous confiez la vente des produits médicaux à des gens qui n’ont aucune formation dans
le domaine médical, il faut s’attendre à tout»,
souligne-t-il. Comme solution, il propose la révision immédiate de l’activité commerciale des produits parapharmaceutiques. «Ils vendent du sparadrap et des compléments alimentaires sans avoir la moindre formation médicale. Ils sont en train de livrer une concurrence déloyale aux pharmaciens et à faire plonger le secteur du médicament dans l’anarchie», déplore-t-il. La vente des médicaments, du matériel médical et produits parapharmaceutiques doit être assurée exclusivement par des
professionnels du secteur de la santé, souligne la même source. L’exercice de cette activité ne doit plus se faire avec un simple registre de commerce.
A une question sur l’efficacité des masques, notre contact répond par oui. «Le masque protège son porteur et surtout évite à une personne atteinte de coronavirus de contaminer son entourage. Son port est nécessaire en ces moments», explique-t-il. Enfin, il fait savoir que la production nationale assure en partie les besoins nationaux en masques.