Tout ce qui est rapporté sur les conséquences, évidemment négatives, économiques engendrées par la Covid-19 sont avant tout une preuve tangible d’un grand manque en Algérie, celui d’une culture managériale. La crise dans laquelle est plongé le pays, depuis mars dernier, avec ses nombreuses ramifications, a dévoilé, dans la majorité des cas de «dysfonctionnements», la fébrilité des entreprises, même celles qui étaient présentées comme solides. Point d’entités économiques dignes de ce nom, mais plutôt de multiples châteaux de cartes. Certes, la pandémie a été désastreuse à plus d’un titre, mais dès le début de l’application des mesures de confinement, tout commençait à se fissurer. La panique était au rendez-vous. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs cessé d’exister, engendrant ainsi l’augmentation du taux de chômage qui était déjà trop élevé. Si les conditions restent les mêmes, et si des décisions radicales (pas dans le sens des fermetures d’usines ni dans la vente des entreprises publiques au secteur privé) ne sont pas prises, l’avenir proche sera encore plus dur à supporter, et pour tout le monde. Là surgit l’importance capitale que devrait avoir le management dans les entreprises. Le manque de stratégie constaté est trop flagrant. Cette mentalité bien ancienne, et qui n’a quasiment jamais été rentable, consistant à réagir devant les difficultés, n’est plus valable, surtout dans cette révolution digitale mondiale, que nous subissons au lieu d’en être des acteurs. L’époque ne peut accepter que ceux utilisant, à satiété, le verbe «agir». Les réactions sont insuffisantes, les actions sont primordiales. La crise pandémique, avec tous ses méfaits, devrait être transformée en une occasion pour reconfigurer le paysage économique du pays. L’aspect managérial a été trop longtemps négligé, et c’est l’occasion, devant les difficultés, de le mettre au-devant de la locomotive. Ce n’est d’ailleurs plus un choix, mais une question (au moins) de survie. Oui, la lumière peut surgir des ténèbres.